C’est l’épilogue d’un feuilleton judiciaire qui tenait en haleine le Landerneau médiatico-sportif de Libreville. Après plus de cinq ans d’une bataille procédurale acharnée, la société K-Consulting, dirigée par le communicant Freddhy Koula Mousavou, vient d’obtenir gain de cause face à la Ligue nationale de football professionnel (Linafp). Le Tribunal de commerce, puis la Cour d’appel judiciaire de Libreville, ont tranché : l’instance faîtière du football professionnel gabonais est sommée de verser la somme de 25 766 176 francs CFA à son ancien prestataire.
Une décision assortie d’une procédure de saisie-attribution qui sonne comme un camouflet pour la Ligue, incapable d’honorer une créance datant de la saison 2018-2019.Au-delà du montant, cette affaire met en exergue les dérives de la gouvernance du sport roi au Gabon, où le non-respect des engagements contractuels semble être devenu une variable d’ajustement budgétaire. K-Consulting, qui avait pourtant modernisé l’image et la présence numérique du championnat national, s’était heurtée à un mur de silence et de reports de la part de la Linafp. Pour Freddhy Koula, cette victoire, obtenue grâce au concours du cabinet Calmie Avocats et de Maître Irénée Mezui, est celle de la résilience face à ce qu’il qualifie de volonté délibérée de ne pas payer.
Elle illustre la précarité des entrepreneurs locaux qui, malgré leur expertise, se retrouvent souvent broyés par l’inertie ou l’arrogance des institutions sportives nationales.Ce dénouement judiciaire envoie un signal fort à l’ensemble du secteur privé gabonais : l’impunité contractuelle n’est plus une fatalité. Alors que le pays cherche à assainir son climat des affaires, le cas K-Consulting rappelle que la justice peut constituer un dernier rempart efficace pour les PME face aux mastodontes institutionnels. Pour la Linafp, déjà fragilisée par des difficultés structurelles récurrentes, cette condamnation est une épine supplémentaire dans le pied, l’obligeant désormais à solder les comptes d’une époque où la communication était reine, mais les factures, elles, restaient au fond des tiroirs.


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