Dix ans après avoir cédé ses actifs et s’être retirée du paysage pétrolier national, la major Shell effectue un retour remarqué sur la scène gabonaise. Ce come-back se concrétise par la signature d’un protocole d’accord (MoU) entre les autorités gabonaises, représentées par le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, et Thomas Praeger, responsable de l’exploration et des nouvelles opportunités chez Shell. Si cet accord ne marque pas une reprise immédiate de la production, il inaugure une phase cruciale d’évaluation du potentiel en hydrocarbures sur plusieurs blocs offshore situés en eaux ultra-profondes.
Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie de reconquête méthodique des grandes compagnies internationales, activement menée par Libreville. Cette offensive séduction porte ses fruits : en octobre 2025, ExxonMobil et BP avaient déjà paraphé des protocoles d’accord portant sur l’exploration en eaux profondes et ultra-profondes du bassin gabonais. Ce segment, délaissé ces dernières années, attire à nouveau les capitaux internationaux grâce à un potentiel qualifié de « classe mondiale ». En marge du forum Invest in African Energy tenu à Paris le 22 avril 2026, le ministre Clotaire Kondja avait d’ailleurs anticipé la conclusion probable de contrats de partage de production avec BP et ExxonMobil dans un délai de quatre à six mois.Le regain d’intérêt des majors pour le domaine maritime gabonais n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un cadre d’attractivité rigoureusement structuré par le gouvernement. Les nouveaux cycles de licences offshore pour 2026 couvrent désormais environ 70 % du domaine maritime national encore ouvert à l’exploration.
Cette dynamique est consolidée par une conjoncture économique favorable, portée par un prix du baril stabilisé au-dessus de la barre des 80 dollars.Le Gabon dispose d’un avantage comparatif majeur avec ses infrastructures existantes, notamment ses réseaux de pipelines. Ces installations permettent aux compagnies pétrolières de réduire significativement leurs coûts de développement initiaux, un argument de poids qui vient sceller la position du pays comme une destination prisée pour les investissements pétroliers à long terme.


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