Pour les habitants d’Owendo, ce mardi 26 mai 2026 marque enfin la fin d’une séquence d’obscurité qui aura durablement éprouvé les nerfs et le quotidien des résidents. Après trois journées de privation totale, la Société d’Eau et d’Energie du Gabon (SEEG) a confirmé l’achèvement des travaux de réparation critiques sur le poste source 20KV de la centrale thermique locale. Si le rétablissement progressif du courant, entamé dès l’aube, apporte un soulagement palpable, il ne saurait faire oublier l’âpreté des 72 heures écoulées.
Une période durant laquelle la commune portuaire a tourné au ralenti, subissant de plein fouet les conséquences d’une défaillance technique aux répercussions sociales et économiques lourdes.Dans les foyers comme au sein des petites unités commerciales, ces trois jours sans électricité ont agi comme un révélateur de la fragilité de nos infrastructures. Pour les ménages, l’absence de réfrigération a entraîné la perte cruelle de denrées alimentaires périssables, aggravant une situation économique déjà sous tension. Les opérateurs économiques de proximité, véritables poumons de l’activité locale, ont vu leur chiffre d’affaires s’évaporer, victimes collatérales d’une panne qui souligne, une fois de plus, l’impérieuse nécessité de renforcer la résilience de notre réseau électrique national.Consciente de la légitimité des colères exprimées, la SEEG a rappelé l’existence de dispositifs d’indemnisation pour les usagers sinistrés. Toutefois, l’exigence d’un dossier complet étayé par des preuves incontestables de préjudice risque de transformer ce parcours administratif en un nouvel obstacle pour des citoyens déjà durement éprouvés.
Alors que les équipes techniques s’activent désormais à la stabilisation durable du réseau pour éviter toute rechute, les populations d’Owendo demeurent dans l’attente d’une vision à long terme.Tourner la page de cette panne est une chose, mais l’inscrire dans une perspective de stabilité définitive en est une autre. Le retour à la normale est certes engagé, mais la répétition de tels incidents appelle à une vigilance accrue et à des investissements structurels plus ambitieux. Le bien-être des populations ne saurait dépendre de la seule célérité des réparations d’urgence ; il repose sur la fiabilité constante d’un service public de l’énergie qui, à Owendo comme ailleurs, doit devenir synonyme de quiétude plutôt que d’incertitude.
Yolande ABORE


Commentaires