La quiétude de Lébamba, chef-lieu du département de la Louetsi-Wano, a été brutalement fracassée par une affaire d’une ignominie rare qui soulève le cœur de toute la province de la Ngounié. Une commerçante locale a été placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Mouila après la découverte effroyable de matières fécales dissimulées à l’intérieur de bâtons de manioc destinés à la consommation. Ce fait divers, qui dépasse l’entendement, réveille les vieux démons d’une pratique occulte qui avait, par le passé, profondément heurté la conscience nationale, notamment avec l’affaire des beignets souillés à proximité du lycée Paul Emane Eyegué.
Le mécanisme de la découverte tient de la malchance pour la suspecte et du salut pour sa victime : en ouvrant son achat domestique, une cliente a mis au jour le contenu répugnant dissimulé sous les feuilles de manioc. La réaction a été immédiate, saisissant les forces de l’ordre d’un dossier qui, au-delà de l’insalubrité, touche aux fondements des croyances locales. Présentée devant le parquet de Mouila, la prévenue devra répondre d’accusations de pratiques de sorcellerie et de charlatanisme, des qualifications qui soulignent le caractère rituel et délibéré de cette souillure alimentaire. L’audience prévue pour le 28 mai prochain est attendue avec une vigilance particulière par les populations, qui réclament une réponse judiciaire à la hauteur de l’abomination.Si le code pénal prévoit des peines pouvant atteindre dix ans de réclusion criminelle assorties d’une lourde amende de 5 millions de francs CFA, cette affaire dépasse le cadre strict du droit. Elle interpelle frontalement la sécurité sanitaire de notre pays. Dans une localité où le bâton de manioc est le pilier de l’alimentation quotidienne, une telle trahison de la confiance du consommateur fragilise le lien social et sème une psychose durable.
Comment, désormais, consommer les produits du petit commerce sans cette pointe de méfiance qui s’est installée dans les esprits ?Le constat est sans appel : la fréquence de ces affaires d’aliments « ensorcelés » ou souillés exige une réponse étatique d’une autre nature. Il ne s’agit plus ici de simples contrôles sanitaires, mais d’une protection renforcée des circuits de distribution alimentaire face aux dérives du charlatanisme. Les autorités sont désormais sous la pression d’une opinion publique indignée qui attend, au-delà de la sanction exemplaire contre la mise en cause, un encadrement plus strict des activités commerciales. La sécurité alimentaire n’est pas qu’une question de normes d’hygiène, c’est un rempart moral qu’il devient urgent de consolider pour garantir, à chaque foyer, la sérénité du repas quotidien.
Moore Mirabelle


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