Le calme habituel du village de Mbissi, dans le département de Ndougou, a été brutalement rompu le 20 mai dernier par un drame qui rappelle, avec une cruauté saisissante, les dangers de l’imprudence en milieu cynégétique. Mboumba Kassa, un jeune chasseur local, se souviendra longtemps de cette excursion forestière qui a failli lui coûter la vie. Ce qui devait être une partie de chasse fructueuse a viré à l’épouvante lors d’une simple pause, quand une mauvaise manipulation de son fusil de calibre 12 a provoqué un coup de feu accidentel, dont la charge a atteint le jeune homme en plein cœur de ses parties intimes.Cet accident, dont les détails glaçants témoignent de la dangerosité de l’arme à feu, met en lumière une réalité trop souvent occultée : le défaut de maîtrise des rudiments de sécurité.
Le simple oubli du cran de sûreté a suffi à transformer un outil de subsistance en instrument de mutilation. La réaction rapide des villageois, qui ont bravé les difficultés d’accès pour évacuer la victime vers le Centre hospitalier régional Benjamin Ngoubou de Tchibanga, a sans doute été l’ultime rempart contre une issue fatale. Là-bas, une équipe médicale s’est attelée durant quatre heures à une intervention chirurgicale complexe, dont l’issue reste, à cette heure, entourée d’une inquiétante incertitude.Au-delà de la compassion que suscite le sort de Mboumba Kassa, cet événement agite le spectre d’une sensibilisation défaillante sur la manipulation des armes de chasse dans nos zones rurales. Combien de fois faut-il rappeler que le fusil n’est pas un jouet et que la forêt ne pardonne aucune erreur de protocole ? La remise en sécurité systématique de toute arme lors des temps de pause n’est pas une simple recommandation de manuel ; c’est un impératif de survie que chaque détenteur de fusil de calibre 12, professionnel ou amateur, doit impérativement intégrer dans ses réflexes.
Ce drame de Mbissi doit servir d’électrochoc pour les communautés de chasseurs et les autorités locales du Ndougou. Il est temps de structurer davantage la pratique de la chasse traditionnelle par des campagnes d’information rigoureuses sur la sécurité, pour éviter que ces moments de labeur ne se terminent dans les blocs opératoires des hôpitaux régionaux. En attendant des nouvelles rassurantes sur la convalescence du jeune chasseur, cette tragédie demeure un rappel amer : dans la main de l’homme, la puissance de feu exige une vigilance absolue, sous peine de voir le quotidien basculer, en une fraction de seconde, dans l’irréparable.
Moore Mirabelle


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