L’effervescence qui règne actuellement derrière le site dit « Berthe et Jean » ne laisse personne indifférent. Face à l’inquiétude grandissante des riverains, la Société Nationale Immobilière (SNI), par la voix de Jean-Pierre Ondounda, sort de son mutisme pour clarifier ses ambitions. Loin des rumeurs de dépossession arbitraire, la SNI se positionne en bâtisseur d’avenir, affirmant que son action s’inscrit dans une démarche de valorisation foncière sans précédent. L’enjeu est de taille : transformer une zone jusqu’ici informelle en un modèle de développement urbain maîtrisé, répondant ainsi à la volonté des plus hautes autorités de moderniser le cadre de vie des Gabonais.Le projet dévoilé impressionne par son envergure titanesque. Avec une prévision de 24 000 à 30 000 parcelles, le site est destiné à accueillir, à terme, près de 500 000 habitants.
Pour la SNI, l’urgence est d’éviter à tout prix la reproduction des « ghettos » urbains qui saturent Libreville. En traçant dès aujourd’hui les voies de communication et en anticipant l’installation des réseaux d’eau et d’électricité, l’institution entend briser le cycle de l’insécurité et de l’insalubrité qui caractérise trop souvent les quartiers sous-intégrés. L’ambition est claire : faire de cette zone un « second Angondjé », un espace de vie moderne doté de tous les équipements collectifs nécessaires.Sur la question épineuse de l’occupation des sols à Essassa, Jean-Pierre Ondounda se veut rassurant mais ferme. L’opération en cours est avant tout une mission de régularisation foncière pour le bâti existant. Les familles ayant déjà édifié leur foyer bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser leurs titres de propriété. C’est un signal fort envoyé aux populations : l’État reconnaît l’effort de construction.
Toutefois, cette main tendue ne saurait être un blanc-seing pour l’anarchie. La SNI rappelle que le sol appartient à la collectivité et que chaque mètre carré doit être optimisé pour l’intérêt général.Enfin, la rigueur est de mise concernant les espaces encore vierges. La SNI martèle que les zones non bâties ne peuvent être accaparées de facto par des particuliers. Cette réorganisation rationnelle de l’espace est le prix à payer pour garantir des Voiries et Réseaux Divers (VRD) de qualité et réserver des emprises vitales pour les futures écoles, centres de santé et marchés. En finir avec le morcellement arbitraire au profit d’un aménagement planifié, tel est le défi que s’impose la Société Nationale Immobilière pour offrir aux générations futures un Gabon où il fait bon vivre, loin du désordre urbain d’autrefois.
Yolande ABORE


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