La grogne monte dans les artères de la capitale. Dans les rayons de certains supermarchés de Libreville, notamment dans la zone de Portes-Rouges et Spamo, une colère sourde s’empare des ménages face à une valse des étiquettes devenue insupportable. L’exemple de la boîte de sardines « Belma », affichée à 650 francs CFA, est venu cristalliser, sur les réseaux sociaux, un sentiment d’injustice profonde. Face à cette inflation qui frappe les produits de première nécessité, c’est le rôle et la vigilance de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui se retrouvent au centre des interrogations citoyennes.
Le constat des consommateurs est sans appel : dans un contexte économique déjà marqué par la précarité et un taux de chômage structurellement élevé, ces pratiques tarifaires sont perçues comme une véritable agression contre le pouvoir d’achat. « Faut-il encore affamer les gens avec de tels prix ? », s’indigne une voix sur la toile. Ce cri du cÅ“ur souligne la fragilité des foyers gabonais pour qui chaque augmentation, fût-elle de quelques centaines de francs, pèse lourdement sur la fin de mois. Le cynisme perçu dans ces hausses tarifaires, jugées injustifiées par le citoyen lambda, alimente un climat de méfiance envers les grandes surfaces et les circuits de distribution.Le rôle de la DGCCRF, institution chargée de veiller au respect des règles du marché et à la protection des consommateurs, devient ainsi crucial. Si la libre concurrence est la règle, elle ne saurait s’affranchir de la régulation nécessaire pour éviter les abus de position dominante ou les ententes illicites sur les prix. Les populations attendent de cette administration non seulement des communiqués de presse, mais une présence de terrain accrue, des contrôles inopinés et des sanctions exemplaires contre ceux qui, profitant de la dépendance alimentaire, pratiquent des tarifs déconnectés des réalités sociales.
La question de la vie chère est devenue, plus que jamais, une priorité nationale que le Chef de l’État et le Gouvernement s’efforcent d’adresser. Cependant, la réussite de ce combat ne pourra faire l’économie d’une surveillance rigoureuse des prix pratiqués dans la grande distribution. Si la régulation économique est complexe, la protection du consommateur gabonais, elle, est une exigence morale et sociale que la DGCCRF doit porter avec une fermeté sans faille. Pour les Librevillois, le retour à des prix justes n’est pas une simple requête commerciale, c’est une question de survie quotidienne face à une inflation qui, si elle n’est pas contenue, risque d’éroder davantage la cohésion sociale.


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