Le tribunal correctionnel de Libreville a rendu son verdict, ce jeudi 28 mai, dans le dossier tragique du naufrage de l’Esther Miracle, survenu dans la nuit du 8 au 9 mars 2023. Cette décision judiciaire, attendue par tout un pays, laisse les familles des 34 disparus et des victimes dans un profond sentiment d’incompréhension face à ce qu’elles qualifient de sentences « légères ».Sur le plan pénal, si le tribunal a prononcé la relaxe pure et simple de plusieurs prévenus — notamment Joseph Hans Mamboundou Ivombo, Armand Blaise Mbadinga et Noelson Gabriel Ranaivomanana Rivo pour certains chefs d’accusation — il a néanmoins reconnu la responsabilité de la société Royal Coast Marine et de plusieurs autres individus, dont Birane Diallo Papa et Loïc Larr Ndoumou Biyoghé, pour mise en danger de la vie d’autrui et homicides involontaires.
Ces derniers ont été condamnés à 38 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA chacun.Sur le volet civil, le tribunal a déclaré la société Royal Coast Marine civilement responsable, solidairement avec l’assureur Ascoma, condamnés à une amende de 5 millions de francs CFA, tout en renvoyant les parties à l’exécution du contrat d’assurance. Par ailleurs, les condamnés devront verser solidairement la somme de 248 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, soit une indemnisation fixée à 2 millions de francs CFA pour chaque rescapé du naufrage qui avait coûté la vie à 34 personnes, tandis que 7 autres sont toujours portées disparues.
Ce dénouement judiciaire clôt un chapitre douloureux pour les 124 rescapés et les familles endeuillées de ce drame qui avait bouleversé le Gabon. L’écart perçu entre la gravité du bilan humain — sur les 165 personnes à bord — et la nature des peines prononcées nourrit aujourd’hui une vive controverse, soulignant l’immense fossé qui peut exister entre la rigueur du droit et la soif de justice des victimes.


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