Le sport gabonais vient de vivre une de ses mi-temps les plus électriques. Face à un Comité National Olympique (CNOG) qui semblait vouloir forcer le destin avec un scrutin prévu pour ce 25 avril, la tutelle a décidé de poser le pied sur le ballon. Ce jeudi 23 avril, lors d’une réunion d’urgence aux allures de conseil de discipline, le Ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, épaulé par son homologue de l’Intérieur, a rappelé une vérité administrative cinglante : on ne peut prétendre diriger le sport national quand on n’existe pas juridiquement aux yeux de la République.
Le diagnostic posé par l’ancien capitaine des Panthères est sans appel, et il fait mal là où le bât blesse. Sur les 19 fédérations auditées, le constat de carence est accablant : seules quatre d’entre elles sont en règle. Entre agréments caducs, dossiers volatilisés et mandats expirés, le paysage fédéral ressemble davantage à un champ de ruines qu’à une pépinière de champions. Pour le gouvernement, le message est clair : la loi n°033/2020 est le seul règlement en vigueur, et aucune « charte internationale » ne saurait servir de paravent à une gestion approximative du service public délégué.Le bras de fer entre la souveraineté nationale et l’autonomie olympique a atteint son paroxysme. Alors que le CNOG tentait de s’abriter derrière les textes du CIO pour maintenir son calendrier, l’État a sorti l’artillerie lourde de la police administrative. Fidèle aux orientations présidentielles de janvier 2026 prônant la restauration des institutions, le ministère a opposé la rigueur à l’obstination. L’idée de construire un édifice olympique sur les sables mouvants de l’illégalité n’est plus une option sur la table du « Gabon nouveau ».
Finalement, le réalisme semble l’avoir emporté sur l’esprit de clocher. Sentant l’imminence d’un crash institutionnel et financier, les acteurs du mouvement sportif, candidats compris, ont commencé à baisser la garde. Un consensus salvateur se dessine désormais : celui d’un gel du processus électoral pour laisser place à une période de mise en conformité. Plutôt qu’un passage en force qui aurait conduit le sport gabonais dans l’impasse des tribunaux, le choix d’une transition propre vers la régularisation s’impose comme la seule voie pour que nos athlètes ne soient plus les otages de querelles de bureaux.
Moore Mirabelle


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