La capitale gabonaise est le théâtre, en ce début de semaine, d’un atelier de la FIFA aux allures d’électrochoc. L’étude de fond menée depuis 2022 par les experts Étienne Sockeng et Amr Moheb dresse un constat sans concession : le football gabonais est à l’étroit. Avec une moyenne d’un seul stade pour 1 078 licenciés — là où des nations comparables en dénombrent un pour 262 — le pays affiche un déficit structurel qui hypothèque gravement le renouvellement de son élite sportive. Cette saturation des aires de jeu ne constitue plus seulement un frein logistique, mais un véritable verrou qui entrave l’éclosion des talents de demain.
Face à ce déséquilibre, la feuille de route est désormais identifiée. Le redressement du football de base exige une double synergie : une intégration impérative des infrastructures sportives dans la planification urbaine par les pouvoirs publics, et une exploitation proactive des mécanismes de financement de la FIFA par la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Il ne s’agit plus de pallier l’urgence, mais de mobiliser les leviers internationaux mis à disposition pour bâtir des terrains modernes, vecteurs indispensables d’une pratique sportive structurée.Durant quarante-huit heures, l’écosystème du football national — des dirigeants aux techniciens en passant par les médias — s’est penché sur ces recommandations techniques. La sentence d’Étienne Sockeng résonne comme un rappel à l’ordre : « le hasard est un mauvais maître, sans stratégie il n’y a aucune vision ».
Ces travaux en commission ne doivent pas rester lettre morte ; ils ont vocation à constituer le socle programmatique sur lequel le prochain comité exécutif devra s’appuyer pour transformer radicalement le paysage du sport amateur.Le football gabonais se trouve à un tournant. Si le diagnostic est sévère, il offre une opportunité historique de rompre avec l’improvisation. La crédibilité des instances dirigeantes se jouera désormais sur leur capacité à traduire ces conclusions en chantiers tangibles, capables de rendre aux jeunes footballeurs gabonais l’espace et les moyens nécessaires à leur épanouissement. La balle est, plus que jamais, dans le camp des décideurs.


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