La clôture de la phase aller du championnat national de football de première division, dominée par le Stade Mandji, résonne comme un soulagement historique pour les amoureux du ballon rond au Gabon. Au-delà des performances purement sportives, c’est la régularité même de la compétition qui focalise l’attention et suscite les éloges à l’endroit du ministre des Sports, Ulrich Kessany. Pour la première fois depuis des années, cette première moitié de saison s’est déroulée sans le moindre accroc, exempte de ces interruptions chroniques et de ces suspensions intempestives qui avaient fini par lister le football national au rang des disciplines sinistrées.
Cette fluidité dans le calendrier cache une performance managériale d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans un contexte macroéconomique complexe. Malgré des tensions budgétaires évidentes, l’appareil d’État, sous la direction du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, a su sanctuariser ses engagements financiers vis-à-vis des clubs d’élite. Cette rigueur dans le versement des subventions et le respect des cahiers des charges rompt définitivement avec la politique des promesses sans lendemain, offrant aux staffs techniques et aux athlètes la visibilité indispensable pour exprimer leur plein potentiel sur le rectangle vert.Le contraste est d’ailleurs saisissant lorsqu’on tourne le regard vers la gestion des magistères précédents. L’ancien régime déchu, en dépit d’une opulence financière et de budgets colossaux mis à la disposition des anciennes autorités sportives, s’était illustré par son incapacité chronique à stabiliser le football local. Entre championnats tronqués, saisons blanches et organisations qualifiées d’abracadabrantesques par les observateurs, le sport roi gabonais avait été durablement plongé dans les abîmes, précipitant la fuite des talents et la désaffection massive des supporters dans les stades.
Cette renaissance du National 1 et 2 sous la houlette d’Ulrich Kessany démontre qu’en matière de gouvernance sportive, la volonté politique et la transparence comptent tout autant, sinon plus, que l’alignement des millions. En restaurant la crédibilité des compétitions domestiques, le Gabon pose les fondations d’une ligue professionnelle attractive et d’un vivier local compétitif pour l’équipe nationale. Le chemin reste long pour consolider ces acquis, mais cette phase aller sans faute s’impose déjà comme le manifeste d’un renouveau sportif où la parole donnée retrouve enfin sa valeur sur le terrain.


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