Les obsèques au Gabon ont profondément muté au fil des ans pour se transformer en une véritable industrie hautement lucrative, où le deuil familial côtoie des dépenses somptuaires et des enjeux économiques considérables. Ce marché florissant mobilise une multitude d’acteurs, allant des entreprises spécialisées dans la logistique événementielle aux prestataires de services funéraires, faisant des funérailles un secteur incontournable de l’économie informelle et formelle du pays.
Au cœur de cette organisation financière se trouve d’abord la lourde charge de la logistique, qui englobe la location des tentes, la mise en place de la sonorisation, la confection des t-shirts commémoratifs à l’effigie du défunt ainsi que l’aménagement des espaces d’accueil pour les veillées. Ces postes de dépenses exigent des familles endeuillées des investissements substantiels pour honorer leurs morts selon les standards sociaux devenus fantaisistes, n’ayant que pour objectif de dépenser de l’argent pour un mort qui de son vivant, parfois, en avait besoin.
Le traitement du corps dans les maisons de pompes funèbres représente un autre pôle financier incontournable de ce secteur en plein essor. Entre les soins de conservation, les séjours en chambre froide, l’assistance administrative et la prise en charge des transferts, les familles doivent faire face à des factures de plus en plus élevées auprès d’opérateurs funéraires dont la concurrence s’intensifie à Libreville et à l’intérieur du pays.
Enfin, le choix des cercueils constitue l’un des sommets de cette débauche financière, oscillant entre des modèles classiques et des pièces d’art hautement personnalisées, parfois importées ou façonnées sur mesure par des artisans locaux. Cette surenchère funéraire, dictée par la volonté de manifester respect et prestige social, consacre définitivement les funérailles comme un business hautement capitalistique au Gabon. Et malheureusement, ce business n’est pas encadré, donnant lieu à des couts de plus en plus exorbitants pour les familles modestes qui sont parfois obligés d’abandonner leurs morts dans les morgues.


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