Le Gabon vient d’inventer une nouvelle discipline olympique : le 110 mètres haies administratives. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Ministre Paul Ulrich Kessany Zategwa n’est pas là pour distribuer des médailles de participation. Ce lundi, il a sorti le grand jeu : suspension immédiate de la course à la présidence de la FEGAFOOT et du Comité Olympique.Le message est clair : On débranche la prise avant que le court-circuit ne devienne général.Imaginez la scène : un « Guichet Unique » où le Ministère des Sports et celui de l’Intérieur se tiennent la main. C’est le confessionnal du sport gabonais.
Vous avez six mois pour prouver que votre fédération n’est pas qu’un groupe WhatsApp avec un vieux ballon crevé. Six mois pour passer de l’état de « fantôme juridique » à celui d’institution respectable. C’est l’école de la deuxième chance, mais version récépissé.Pour l’assainissement, On frotte, on décape, on récure. On veut de la transparence, de la crédibilité, et surtout des dossiers qui ne sentent pas la poussière des années 90. Le gouvernement veut des présidents de fédérations qui savent lire un bilan comptable aussi bien qu’un schéma tactique. Une ambition noble, presque poétique, si elle ne signifiait pas que, pour l’instant, c’est le désert électoral.La cerise sur le gâteau, c’est cette missive envoyée à la FIFA, à la CAF et au CIO. C’est le coup de génie diplomatique : « On ne vous ignore pas, on s’organise. » C’est un peu comme prévenir ses beaux-parents qu’on fait des travaux dans la maison avant qu’ils ne débarquent à l’improviste. Le Gabon attend maintenant leur bénédiction. Si Zurich et Lausanne disent « Amen », la restructuration aura des airs de sacre. S’ils tiquent, on verra si le Guichet Unique accepte les réclamations internationales.
En attendant, le sport national est en apnée. Les candidats à la présidence, qui aiguisaient déjà leurs arguments (et peut-être leurs budgets de campagne), se retrouvent au piquet. On ne vote plus, on régularise. On ne fait plus de politique sportive, on fait de l’archivage.Le match entre « l’ordre administratif » et le « chaos habituel » est lancé. Pour l’instant, l’administration mène 1-0 grâce à un penalty tiré depuis le bureau du Ministre. Reste à savoir si la FIFA ne va pas demander une vérification de la VAR.Petit conseil aux dirigeants :Profitez de ces six mois pour apprendre à classer vos documents par ordre alphabétique. Il paraît que c’est la clé pour gagner la prochaine Coupe d’Afrique des Nations… administrative.


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