Le chronomètre s’affole et l’impatience gagne les travées du stade de l’Amitié. Alors que l’annonce du nouveau sélectionneur national des Panthères était fermement attendue pour le 28 février dernier, le Gabon s’est réveillé ce mardi 3 mars dans une incertitude totale. À seulement 19 jours d’une trêve internationale cruciale, le siège de l’entraîneur en chef reste désespérément vide. Ce contretemps, qui commence à ressembler à un imbroglio administratif, place la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) et le ministère des Sports sous le feu des critiques, alors que la préparation technique de l’équipe nationale semble totalement paralysée.
Cette vacance prolongée à la tête de la sélection ne manque pas d’inquiéter les observateurs du football continental. Dans un contexte de restructuration globale du sport gabonais, où la rigueur procédurale est désormais érigée en dogme, ce retard à l’allumage fait désordre. Sans pilote dans l’avion, la publication de la liste des joueurs convoqués et la mise en place du schéma tactique pour les prochaines échéances relèvent désormais du défi logistique. Pour les cadres de la sélection, évoluant pour la plupart dans les championnats européens, ce flou artistique complique la coordination avec leurs clubs respectifs et fragilise la cohésion d’un groupe en quête de stabilité.Derrière ce silence radio se joue sans doute une partie d’échecs financière et stratégique entre les instances de décision.
Le choix du profil — technicien local ou expertise internationale — semble cristalliser les tensions au sommet de l’État, alors que les supporters réclament un projet sportif cohérent et durable. Si le nom du successeur n’est pas dévoilé dans les prochaines quarante-huit heures, les Panthères aborderont le prochain rassemblement dans des conditions de préparation précaires, mettant en péril les ambitions du Gabon sur l’échiquier africain. L’heure n’est plus aux tractations de coulisses, mais à l’urgence opérationnelle.


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