Le Palais de la Rénovation passe à l’offensive. Face à la persistance des coupures et à la colère grandissante des usagers, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé que l’accès aux services de base n’est plus une option, mais une urgence de sécurité nationale. Pour le chef de l’État, le constat est sans appel : si des avancées notables sont enregistrées dans la production d’énergie, le secteur de l’eau reste otage de réseaux d’influence et de pratiques d’« affairisme » au sein de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). La détermination présidentielle est désormais claire : briser les résistances internes pour honorer la promesse faite aux Gabonais.
Électricité : Une montée en puissance programmée
La stratégie énergétique se décline en un triptyque temporel visant à éteindre définitivement le déficit de 70 MW constaté en 2023 : Urgence (Karpowership) : L’apport de la centrale flottante turque a permis de doubler la capacité de Libreville (de 155 à 305 MW). Transition Thermique : Le renforcement des capacités à Owendo (+220 MW) et les projets à Lambaréné et Port-Gentil, financés par Afreximbank et portés par Aksa, visent un objectif de 500 MW pour la capitale d’ici deux ans. Souveraineté (Hydraulique) : À long terme, le barrage de Booué est pressenti comme la solution structurelle pour garantir une énergie propre et abondante.
L’Eau : Le maillon faible face au « sabotage » interne
Si le courant revient progressivement, l’eau tarde à couler. Le président pointe une défaillance humaine plutôt que technique. Malgré les programmes PIEPAL et Mbomo, la distribution stagne. La raison ? Un système de spéculation orchestré, selon plusieurs sources proches du dossier, par des cadres et agents véreux de la SEEG. Ces derniers entretiendraient la pénurie pour favoriser des réseaux de livraison privée par camions-citernes. Entre vétusté des installations et sabotages délibérés, l’exécutif dénonce une gestion « vouée à l’échec » pour servir des intérêts particuliers, paralysant ainsi tout espoir de réforme interne.
Suez : L’électrochoc extérieur
Pour contourner ces blocages, le Gabon change de paradigme. La signature d’un accord stratégique avec le géant français Suez marque un tournant historique. En faisant appel à ce leader mondial, l’État gabonais cherche un « bras armé » technique capable de restaurer la qualité du service sans subir les pressions des syndicats ou des réseaux affairistes locaux. Cette alternative crédible acte la scission de la SEEG, où la gestion de l’eau sera totalement externalisée ou confiée à une entité nouvelle, plus agile et transparente.


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