Le Palais du Bord de Mer change de braquet dans sa stratégie agricole. Sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres du 26 février 2026 a acté la création de la Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG). Cette nouvelle entité à participation publique majoritaire, dotée de l’autonomie financière, se voit confier une mission titanesque : moderniser les filières animales et végétales pour réduire la dépendance chronique du pays vis-à-vis des importations alimentaires. En structurant des pôles de production intégrés, Libreville espère enfin transformer son potentiel arable en levier de croissance réelle.
L’acte de naissance d’AGROPAG marque parallèlement la fin d’une ère pour la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon (SAEG), supprimée par décret lors de cette même séance. Moins d’un an après sa ratification, la SAEG s’efface au profit d’une structure aux compétences élargies, englobant la mise en valeur des terres, la transformation locale et la commercialisation des produits. Ce transfert de plein droit du patrimoine et des activités de l’ancienne société vers la nouvelle illustre une volonté de rationalisation de l’outil public pour gagner en efficacité opérationnelle sur le terrain.Au-delà de la simple restructuration technique, cette mutation s’inscrit dans une ambition politique de diversification économique.
En mettant l’accent sur l’emploi rural et l’appui direct aux producteurs, l’exécutif gabonais cherche à fixer les populations dans l’arrière-pays tout en sécurisant l’assiette du consommateur urbain. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de prouver qu’AGROPAG dispose des reins assez solides pour relever le défi de la souveraineté alimentaire, dans un contexte où la volatilité des prix mondiaux des denrées reste une menace constante pour la stabilité sociale.


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