
Le Gabon pourrait bientôt diversifier son secteur minier grâce à la potasse de Banio, à Mayumba, dans la province de la Nyanga. Porté par la société canadienne Millennial Potash, ce projet représente un investissement estimé à 480 millions de dollars, soit environ 274 milliards de FCFA, et pourrait positionner le pays sur un marché stratégique pour l’agriculture mondiale.
Initialement prévue à 800 000 tonnes par an, la capacité de production envisagée pourrait désormais atteindre entre 1 et 1,2 million de tonnes. Cette ambition repose notamment sur l’intérêt manifesté par plusieurs acheteurs potentiels aux États-Unis, au Brésil, en Asie et en Afrique. Les campagnes de forage ont par ailleurs révélé un potentiel géologique estimé à plus de six milliards de tonnes de ressources.
Utilisée principalement dans la fabrication des engrais agricoles, la potasse constitue un marché mondial important, encore dominé par quelques grands producteurs comme le Canada, la Russie et la Biélorussie. Pour le Gabon, Banio représente donc une occasion de se positionner sur cette filière et de réduire la dépendance africaine aux importations de fertilisants.
Toutefois, le projet doit encore franchir plusieurs étapes. Millennial Potash recherche les financements nécessaires à sa construction. La participation de la société américaine DFC, qui a engagé trois millions de dollars dans les études de faisabilité, constitue un premier signal d’intérêt. Selon le calendrier annoncé, les travaux pourraient débuter entre fin 2027 et début 2028, pour une première production envisagée entre 2029 et 2030.
Au-delà de l’exploitation minière, les enjeux sont considérables pour la Nyanga : création d’emplois, développement des infrastructures, formation et retombées économiques locales. Si les financements et les conditions techniques sont réunis, Banio pourrait devenir un nouveau pilier de l’économie gabonaise, aux côtés du pétrole et du manganèse.


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