Au Gabon, la question de la sécurité sur nos axes routiers ne peut plus souffrir d’un quelconque compromis, et pourtant, un dysfonctionnement majeur continue d’interroger. Le secteur de la délivrance des visites techniques et des documents de transport afférents à la circulation des véhicules échappe encore au contrôle direct et effectif du Ministère des Transports. Cette situation, qui a trop longtemps duré, apparaît aujourd’hui en totale contradiction avec l’exigence de rigueur et de modernisation portée par les plus hautes autorités du pays, rendant impérative une reprise en main institutionnelle.
Cette aberration administrative et technique fait peser un risque direct sur la vie des usagers de la route. Alors que l’état mécanique d’un véhicule constitue la première garantie contre les accidents tragiques qui deuillent régulièrement nos familles, la gestion actuelle du secteur manque cruellement de la fermeté souveraine qu’exige le service public. En laissant la délivrance d’agréments et de certificats de conformité hors du champ de supervision stricte de la tutelle, le pays s’expose à des dérives, au laxisme et à une prolifération de véhicules vétustes ou dangereux sur l’ensemble du réseau routier national.Au-delà de l’enjeu sécuritaire vital, la réappropriation de ce secteur par l’État touche directement à des considérations d’ordre financier et stratégique. La délivrance des titres de transport et des contrôles techniques génère des flux financiers importants qui devraient concourir à la modernisation des infrastructures publiques et au renforcement des capacités d’inspection du Ministère.
En reprenant pleinement le contrôle de cette filière, les pouvoirs publics se donneraient les moyens de moraliser le secteur, d’harmoniser les procédures et de garantir l’intégrité de chaque document administratif mis en circulation.Cette démarche s’inscrit en droite ligne dans la vision de redressement national et de restructuration des services publics initiée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour concrétiser l’ambition d’un Gabon moderne où l’autorité de l’État s’exerce pleinement au bénéfice des citoyens, il est indispensable de restaurer la primauté du Ministère des Transports sur toutes ses prérogatives régaliennes. L’accréditation et la supervision des centres d’agrément technique ne doivent plus relever d’une gestion opaque, mais d’un cahier des charges strict, contrôlé et sanctionné par l’État.
L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux statu quo préjudiciables. La reprise en main du secteur de la visite technique routière par le Ministère de tutelle s’impose comme une urgence absolue, marquant une étape décisive dans la protection des usagers et la modernisation des institutions. En alignant la réglementation des transports sur les plus hauts standards de rigueur, le Gabon réaffirme sa détermination à faire de la sécurité routière un axe incontournable du développement national et du respect de la vie humaine.


Commentaires