En réponse à une question orale de l’honorable Alexandre Awassi lors d’une séance plénière, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a détaillé la stratégie gouvernementale visant à mettre fin à l’importation de poulet de chair d’ici la fin de l’année 2026. Cette décision, qualifiée de « perturbation positive », répond à une dépendance structurelle marquée : alors que la consommation nationale oscille entre 100 000 et 120 000 tonnes par an, la production locale plafonne actuellement à environ 5 000 tonnes, soit seulement 5 % des besoins du pays. Pour pallier ce déficit, le gouvernement a adopté le Plan opérationnel d’urgence de la filière avicole (POUFA), avec pour objectif de porter la production nationale à 100 000 tonnes à l’horizon 2027-2028.
La mise en œuvre de ce plan repose sur des investissements massifs et des partenariats stratégiques. Le 4 mai dernier, cinq conventions ont été signées avec des partenaires de Chine, de Turquie et du Cameroun pour un investissement privé prévisionnel de 775 milliards de FCFA, visant à terme une production de 130 000 tonnes de viande et la création de 100 000 emplois. Parallèlement, 150 fermes avicoles nationales ont été sélectionnées pour bénéficier d’un renforcement de capacités et d’un appui à l’accès au crédit bancaire. Le dispositif prévoit également la création de cinq couvoirs régionaux, le développement de trois bassins de production de maïs et de soja, ainsi que l’installation de neuf abattoirs provinciaux pour garantir la qualité sanitaire.Pour soutenir les éleveurs, l’État a instauré plusieurs mécanismes incitatifs, notamment des financements à taux bonifié de 4 % via la Banque gabonaise de développement (BGD) et un accompagnement technique pour la structuration des projets. Les mesures incluent également une aide à l’accès aux intrants (poussins, vaccins, aliments), une sécurisation progressive du foncier agricole et des programmes de formation professionnelle, dont une première cohorte de 30 jeunes envoyés au Sénégal.
Le gouvernement a identifié plus de 300 000 hectares de terres mobilisables à travers le pays, confirmant que les conditions climatiques et hydriques sont propices au développement d’une filière avicole moderne.Enfin, le ministre a tenu à rassurer sur la gestion de la transition vers cette souveraineté alimentaire. Afin d’éviter toute tension sur les prix et d’assurer un équilibre durable entre l’offre et la demande, la montée en puissance de la production nationale sera organisée de manière progressive jusqu’à l’échéance du 1er janvier 2027. Cette démarche méthodique souligne la volonté des autorités de transformer une dépendance aux importations en un moteur de croissance économique et d’emplois pour les populations gabonaises.


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