Libreville suffoque sous le poids de ses déchets, transformant les bas-côtés de la capitale en dépotoirs à ciel ouvert où l’incivisme chronique des administrés le dispute à l’inertie des services de nettoiement. Face à ce spectacle de désolation qui ternit durablement l’image de la cité, l’Hôtel de Ville a décidé de taper du poing sur la table en basculant dans une logique de fermeté absolue. Les montagnes de immondices qui jonchent les quartiers ne sont plus seulement une fatalité environnementale, elles constituent désormais un défi direct à l’autorité municipale que l’exécutif entend relever sans coup férir.La réponse des édiles s’organise autour d’un dispositif répressif musclé, marqué par la mise sur pied imminente d’une brigade mixte taillée pour traquer les hors-la-loi de la propreté urbaine.
Agents de sécurité et municipaux pourraient sillonner désormais les arrondissements pour pincer en flagrant délit les récalcitrants qui jettent leurs ordures n’importe où, à la nuit tombée ou au mépris des règles élémentaires de salubrité publique. Cette force opérationnelle sera adossée à un arsenal de sanctions légales rigoureuses, allant de lourdes amendes financières à des poursuites judiciaires destinées à frapper les esprits et à décourager les récidivistes invétérés.Mais la répression ne suffira pas à panser les plaies d’une ville habitée par de mauvais penchants civiques, obligeant la municipalité à coupler son bâton avec une vaste offensive pédagogique. Éduquer les populations à la culture du déchet et au respect de l’espace commun devient une urgence nationale pour inverser la courbe des mentalités. Des campagnes de sensibilisation de proximité, menées tambour battant dans les écoles, les marchés et les associations de quartiers, viseront à inculquer les rudiments de l’hygiène urbaine à des citoyens trop longtemps déresponsabilisés.
Le pari de l’Hôtel de Ville est immense, car il s’agit ni plus ni moins de réinventer le vivre-ensemble dans une métropole où la gestion des ordures est devenue le baromètre de la gouvernance locale. Si la brigade mixte et la menace des sanctions judiciaires constituent un électrochoc salutaire pour stopper l’hémorragie sanitaire, seule l’appropriation collective de ces exigences par chaque Librevillois permettra de rendre à la capitale son lustre d’antan. Le temps des avertissements de pacotille est définitivement révolu, place désormais à l’épreuve de la discipline pour sauver Libreville du chaos environnemental.


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