Dans un contexte économique mondial marqué par une inflation persistante, le gouvernement gabonais passe à l’offensive concrète. La Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) s’apprête à transformer l’esplanade du Stade d’Angondjé en un vaste pôle commercial de proximité le samedi 25 avril prochain. Baptisée « Méga Marché », cette initiative se veut une réponse directe et frontale à la cherté de la vie, un fléau qui pèse quotidiennement sur le moral et le portefeuille des familles gabonaises, des plus modestes aux plus aisées.
L’enjeu de cette journée dépasse le simple cadre d’une foire promotionnelle. En mobilisant la logistique de la Centrale d’Achat, l’État court-circuite les réseaux de distribution classiques, souvent pointés du doigt pour leurs marges excessives. Dès 8 heures du matin, les usagers pourront accéder à une large gamme de produits de première nécessité — huile, riz, lait, sucre — à des prix dits « réduits ». Cette stratégie de vente directe vise à restaurer, même temporairement, un pouvoir d’achat sérieusement entamé par les fluctuations des cours internationaux.Au-delà de l’aspect purement mercantile, le rendez-vous d’Angondjé se drape d’une forte dimension sociale. Les slogans arborés par la CEAG, tels que « Des produits pour tous » et « Solidarité au service des familles », traduisent une volonté d’inclusion. En choisissant un lieu emblématique et spacieux comme le stade national, les autorités s’assurent non seulement d’une fluidité logistique, mais envoient également un signal de transparence. Il s’agit de prouver que l’action publique peut se traduire par des économies sonnantes et trébuchantes pour le citoyen lambda.
Toutefois, le succès de cette opération reposera sur sa capacité à satisfaire la demande massive attendue. Si le « Méga Marché » promet d’être une bouffée d’oxygène pour de nombreux foyers ce samedi, il souligne surtout l’urgence de pérenniser ces mécanismes de régulation des prix. Les observateurs et les consommateurs, tout en saluant cette « réponse concrète », attendent désormais de voir si ce modèle de distribution pourra être dupliqué à l’intérieur du pays, afin que la lutte contre la vie chère ne soit pas qu’un événement ponctuel, mais une réalité durable pour tout le Gabon.
Yolande ABORE


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