À quelques encablures des complexes résidentiels modernes et du grand stade d’Angondjé, symbole de la modernité vitrine de la commune d’Akanda, subsiste une enclave où le temps semble s’être arrêté au détriment des droits les plus élémentaires. Angondjé Village vit désormais au rythme d’un double calvaire quotidien : l’absence criante d’accès à l’eau potable et le délabrement avancé de son unique voie d’accès. Ce contraste saisissant met en lumière la fracture urbaine qui fragilise la périphérie de la capitale, là où les populations se sentent reléguées au rang de laissés-pour-compte du développement communal.
Dans ce quartier historique, l’accès à l’eau potable relève d’une véritable expédition punitive pour les pères et mères de famille. Faute d’un réseau de distribution moderne et fonctionnel de la SEEG, les riverains en sont réduits à dépendre de puits de fortune à la salubrité douteuse ou à débourser des sommes astronomiques auprès de transporteurs privés. Voir, à l’aube, des écoliers et des personnes âgées arpenter les ruelles bidons à la main est un spectacle anachronique qui interpelle directement la responsabilité sociétale des entreprises publiques et des décideurs locaux, à l’heure où l’accès au précieux liquide devrait être un acquis indiscutable.À cette pénurie hydrique s’ajoute l’enfer d’une piste impraticable qui isole progressivement le village du reste de la commune. Dès les premières précipitations, cette artère vitale se transforme en un bourbier impraticable, provoquant le désengagement immédiat des transporteurs urbains et des taximen. Pour les populations, cette rupture de liaison routière signifie des heures de marche forcée dans la boue, des évacuations sanitaires compromises et une asphyxie économique pour les petits commerces locaux.
L’état d’abandon de cette chaussée n’est plus seulement un désagrément logistique, c’est une barrière physique à l’intégration sociale des habitants.Face à cette double détresse qui n’a que trop duré, les lamentations légitimes des populations d’Angondjé Village doivent enfin trouver un écho favorable auprès de la municipalité d’Akanda et du gouvernement. On ne peut concevoir l’essor d’une commune résidentielle huppée en laissant son cœur historique s’enfoncer dans la précarité structurelle. Il y a urgence à déployer des plans d’urgence sectoriels pour le prolongement des réseaux hydrauliques et le reprofilage lourd de la voie principale. C’est à ce prix, par des actes concrets inscrits sur le terrain, que la puissance publique redonnera de la dignité à ces citoyens et démontrera que la modernisation du Grand Libreville se conjugue d’abord au pluriel.


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