L’affaire secoue les fondations de l’administration de l’Éducation nationale. Lors d’un point de presse tenu ce samedi, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, a levé le voile sur les conclusions alarmantes d’une enquête judiciaire ouverte suite à des malversations financières massives. Ce dossier, qui révèle une fraude organisée au sein de la Direction centrale des affaires financières (DCAF), met en lumière un préjudice financier dépassant les 700 millions de francs CFA.Tout commence en 2025, lorsqu’un audit initié par le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations détecte une anomalie budgétaire inquiétante : l’enveloppe allouée aux primes de vacation avait crû de manière disproportionnée.
Saisi par le Parquet, l’État-Major des polices d’investigations judiciaires a alors mis au jour un mécanisme frauduleux rodé. Selon les premiers éléments, le système reposait sur la création méthodique de lignes budgétaires fictives, permettant des paiements indus, par virements ou bons de caisse, au profit d’agents gravitant majoritairement au sein de la direction financière elle-même.Le magistrat a insisté sur la nature systémique de cette pratique, qui, loin d’être un incident isolé, semble s’être enracinée au fil des années jusqu’à devenir une véritable habitude administrative. Pour répondre à cette dérive, une offensive judiciaire vigoureuse a été lancée. À ce jour, vingt-cinq personnes ont été entendues dans le cadre de la procédure. Si deux individus ont recouvré la liberté pour des raisons de santé, vingt autres sont actuellement placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit pour lever les zones d’ombre.
Par cette communication, le ministère public réaffirme sa détermination à faire toute la lumière sur ce dossier. L’objectif est désormais clair : non seulement établir l’étendue exacte du préjudice subi par le Trésor public, mais également identifier l’intégralité des maillons de cette chaîne de fraude, du simple exécutant aux éventuels bénéficiaires finaux. La justice gabonaise marque ainsi une volonté claire de restaurer l’intégrité de la gestion des deniers publics au sein des départements ministériels.


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