Sous l’impulsion d’une volonté résolue de moderniser les structures étatiques, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a présidé le 31 juillet dernier une séance de travail stratégique consacrée au suivi des réformes de la Fonction publique et du Renforcement des capacités. Aux côtés de la ministre de tutelle, Laurence Ndong, cette rencontre au sommet a permis de passer au crible l’évolution des nouveaux textes fondamentaux, notamment le Statut général de la Fonction publique et celui du fonctionnaire. Cette refonte d’envergure marque un tournant historique pour l’administration gabonaise, appelée à abandonner ses vieux démons pour basculer vers une culture de l’excellence, de la performance et de la redevabilité.
Le cœur de cette transformation structurelle réside dans la fin programmée de l’avancement automatique à l’ancienneté, un système jugé obsolète et inéquitable au regard des standards internationaux. S’appuyant sur une étude comparative menée à travers une vingtaine de pays sur quatre continents, la ministre a rappelé que cette pratique ne trouve plus sa place dans une administration moderne. Dorénavant, le déroulement de carrière et la progression indiciaire seront strictement conditionnés au mérite, à l’effort et aux résultats mesurables, consacrant ainsi le principe selon lequel le travail bien fait doit être récompensé à sa juste valeur.Pour bâtir ce nouveau paradigme, le projet de réforme a fait l’objet d’un large consensus institutionnel, fruit d’un travail minutieux mené par cent dix experts issus de vingt-neuf administrations différentes, qui ont passé au peigne fin chaque article des textes proposés. En parallèle, l’exécutif a acté l’élargissement de l’accès aux emplois publics en relevant l’âge limite de recrutement de trente-cinq à quarante ans. Cette ouverture s’accompagne d’une refonte des modes de recrutement, privilégiant désormais les concours organisés par les écoles nationales de formation afin de garantir l’adéquation parfaite entre les profils recrutés et les besoins réels des services de l’État.
Le nouveau dispositif d’évaluation se distingue par son approche globale et résolument participative. Loin d’être une simple notation unilatérale par la hiérarchie, le système intègre l’auto-évaluation de l’agent, le contrôle de la ponctualité, de l’assiduité, de l’éthique professionnelle, mais aussi l’évaluation croisée. Les usagers du service public donneront leur avis sur la qualité des prestations reçues, tandis que les collaborateurs évalueront à leur tour leurs chefs de service et directeurs généraux. Ce mécanisme circulaire et transparent vise à instaurer une exigence d’amélioration continue à tous les échelons de la chaîne hiérarchique, avant un examen final validé par des commissions ministérielles.En clôture de ces assises, le vice-président du Gouvernement a souligné la portée hautement politique de cette dynamique, affirmant avec force qu’« on ne peut pas amorcer la Cinquième République avec les instruments de la Quatrième République ». Tout en saluant la profondeur de ces chantiers, Hermann Immongault a insisté sur la nécessité d’un intense travail de pédagogie auprès des agents pour expliquer le sens de ces mutations. C’est à ce prix, dans un effort collectif de transformation des mentalités, que l’administration gabonaise parviendra à incarner pleinement la vision de modernisation et d’efficacité prônée au sommet de l’État.


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