Trois jours après l’explosion au poste 20 kV de la centrale thermique d’Owendo, le gouvernement gabonais est monté au créneau pour désamorcer une grogne sociale grandissante. Réuni ce mardi autour du vice-président Hermann Immongault, l’exécutif a acté une batterie de mesures d’urgence pour soutenir les dizaines de milliers d’abonnés de la SEEG plongés dans le noir. Des zones névralgiques telles que Bikélé, les PK et Owendo même, cœur battant de l’activité économique, subissent de plein fouet les conséquences d’un sinistre qui a mis en lumière la vulnérabilité du réseau électrique national.
La réponse gouvernementale s’articule autour d’une logique de réparation concrète et immédiate. Pour les 70 000 à 100 000 clients lésés, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a annoncé des compensations directes sur les factures de consommation. Au-delà du volet tarifaire, un dispositif de proximité sera déployé sur le terrain : des cellules spécialisées auront pour mission de recenser, quartier par quartier, les préjudices subis par les ménages — denrées avariées, appareils grillés — et les pertes de revenus des opérateurs économiques, afin d’assurer une prise en charge effective des dommages.Sur le plan technique, la mobilisation est tout aussi intense. Sous la pression de l’urgence, le gouvernement a procédé à un pont aérien exceptionnel entre Port-Gentil et Libreville pour acheminer sept tonnes de matériel spécialisé indispensable à la remise en état des installations. L’objectif affiché est clair : écourter autant que possible l’attente des populations.
Parallèlement, les assureurs sont déjà à pied d’œuvre pour accélérer le remplacement des équipements défaillants, une manœuvre destinée à sécuriser le retour du courant dans les meilleurs délais.Face à la montée des tensions et aux foyers de contestation observés dans certains secteurs, les autorités appellent à la retenue, tout en reconnaissant l’impératif de transparence. Hermann Immongault a imposé à la SEEG une rigueur nouvelle dans sa communication, exigeant des points de situation quotidiens sur l’avancement des travaux et le calendrier de réalimentation. En plaçant la gestion de cette crise sous le sceau de la responsabilité, le gouvernement tente de transformer une séquence éprouvante en un test de résilience pour le système électrique national.


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