
Après cinq années sans renouvellement officiel, la délivrance de la carte professionnelle de presse reprend au Gabon. Annoncée le 17 octobre 2026 par le directeur général de la Communication, Alexis Koumba, cette opération prévoit la réception des dossiers du 19 au 23 octobre, avant la réunion de la Commission nationale de la carte professionnelle de presse et des métiers du cinéma, prévue à Libreville à partir du 26 octobre.
Si cette reprise est accueillie comme une étape importante pour l’encadrement de la profession, le calendrier retenu soulève néanmoins des interrogations.Cinq jours seulement sont accordés aux journalistes et aux professionnels concernés pour constituer et déposer leur dossier. Or, les pièces exigées ne se limitent pas à une simple demande administrative.
Les candidats doivent notamment fournir une demande manuscrite adressée au ministre, un acte de naissance légalisé, deux photos d’identité récentes, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois et une copie certifiée conforme d’un diplôme reconnu.À ces formalités s’ajoute une condition d’expérience professionnelle : justifier d’au moins cinq années de pratique continue dans un organe de presse ou une structure cinématographique.
La réunion de ces documents peut nécessiter plusieurs démarches auprès de différentes administrations. L’obtention d’un extrait de casier judiciaire récent, la légalisation de certaines pièces ou la certification d’un diplôme peuvent prendre du temps, selon les services concernés. Pour les journalistes qui ne disposent pas immédiatement de tous les justificatifs, la fenêtre de dépôt risque donc de représenter une véritable course contre la montre.Dès lors, une question se pose : le délai fixé permettra-t-il à tous les professionnels remplissant les conditions requises de présenter leur candidature dans de bonnes conditions ? L’enjeu n’est pas seulement de respecter un calendrier, mais aussi de garantir une procédure accessible et équitable.
Depuis 2019, l’absence de renouvellement officiel de la carte de presse a entretenu une incertitude autour de la reconnaissance administrative des journalistes. La reprise du processus apparaît ainsi comme une occasion de clarifier les conditions d’exercice du métier et de renforcer l’identification des professionnels dans un paysage médiatique où journalistes, communicants et créateurs de contenus se côtoient de plus en plus.
Toutefois, la réussite de cette opération dépendra également de la transparence des critères d’attribution, de l’information des candidats et de la capacité de la commission à traiter les dossiers avec rigueur.La carte de presse ne devrait pas être considérée comme une simple formalité. Elle touche à la reconnaissance professionnelle, à l’accès aux institutions et, plus largement, à la crédibilité du secteur médiatique.Après cinq ans d’interruption, la relance constitue donc un signal positif.
Mais entre l’importance de cette réforme et les cinq jours accordés pour déposer les candidatures, le contraste est notable. Un délai supplémentaire, s’il était envisageable, ou une meilleure anticipation des prochaines campagnes pourraient permettre d’éviter que des professionnels pourtant éligibles soient pénalisés par des contraintes administratives.
La reprise est attendue. Encore faut-il que les modalités de sa mise en œuvre soient à la hauteur des attentes de la profession.


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