Le chantier du poste de péage de Mayengue, sur l’axe menant à Mouila après Lambaréné, est aujourd’hui englué dans une zone de turbulences qui suscite de vives crispations au sein des populations riveraines. Lancé sous l’égide du Ministère des Travaux publics et de la Construction en tant que maître d’ouvrage, ce projet d’envergure est officiellement piloté par l’entreprise Homintec Engineering Services en qualité de maître d’œuvre. Les affiches de chantier, fièrement dressées au bord de la route, annonçaient pourtant un modèle moderne de stations mixtes de pesage et de péage doté de cinq voies de distribution pour les poids lourds et véhicules légers, le tout financé par Homintec Gabon et partners pour une durée initiale de six mois.
La réalité du terrain contraste cruellement avec les promesses affichées sur les panonceaux publicitaires, les travaux se trouvant actuellement à l’arrêt complet au grand dam des usagers et des observateurs locaux. Derrière cette interruption brutale du chantier se cache une poudrière sociale savamment étouffée par les promoteurs du projet. Plusieurs villageois dont les terres, les cultures ou les habitations se trouvent impactées par l’emprise des infrastructures montent aujourd’hui au créneau. Ces derniers dénoncent avec amertume l’absence totale de versement des indemnisations promises, se retrouvant ainsi dépossédés de leurs biens sans le moindre sou en guise de compensation pour faire face à la précarité.L’entreprise Homintec se retrouve ainsi au cœur d’une tempête de contestations légitimes qui ternit considérablement son image et questionne la rigueur de sa gestion sur le terrain gabonais. Malgré la présence de partenaires affichés et d’un organe de contrôle relevant du ministère des Travaux publics, le dialogue semble totalement rompu entre la direction de l’entreprise et les communautés villageoises lésées. Les populations locales exigent des explications claires quant au calendrier exact de reprise des chantiers ainsi qu’un règlement immédiat et transparent des arriérés de dédommagement dus aux familles spoliées de leurs espaces de vie.
Cette crise larguée à Mayengue met en lumière les dérives récurrentes des grands chantiers d’infrastructure où la vitesse d’exécution et les contrats de concession priment souvent sur le respect élémentaire des droits humains et fonciers des riverains. Le Ministère des Travaux publics et de la Construction est désormais appelé à sortir de son mutisme pour endosser pleinement son rôle d’arbitre et contraindre l’ensemble des intervenants à respecter leurs engagements contractuels. Si aucune mesure corrective n’est prise rapidement pour indemniser les villageois et relancer les travaux dans les règles de l’art, ce projet phare risque de s’embourber définitivement dans les méandres des conflits sociaux.


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