L’Union Démocratique dea bâtisseurs ne devrait plus tenir son congrès de refondation, initialement espéré pour juillet 2026, annonce notre confrère de Gabon Review . Alors que cette échéance était devenue le point focal des attentes internes, un arbitrage venu du sommet de l’État aurait tranché : l’événement serait annulé. Pour les cadres du parti, la décision est sans appel, marquant un coup d’arrêt brutal aux ambitions de ceux qui voyaient en ce rassemblement une opportunité de réorienter la ligne politique ou de bousculer la hiérarchie en place.
L’argumentaire officiel justifie ce report par la nécessité de privilégier la maturité politique sur les festivités prématurées. Âgée d’à peine un an, la formation politique est jugée encore trop jeune pour s’égarer dans des joutes oratoires et des dépenses jugées superflues. La doctrine actuelle privilégie l’enracinement : le secrétaire général et son équipe, qui ont déjà sillonné six des neuf provinces du pays, doivent impérativement boucler le maillage territorial du Gabon. L’installation des cellules de base dans l’Ogooué-Maritime, la Nyanga et le Woleu-Ntem demeure, aux yeux de la hiérarchie, la seule priorité stratégique viable.Toutefois, derrière le discours sur la structuration, une lecture politique plus incisive laisse apparaître des fractures internes. Pour nombre d’observateurs, l’idée du congrès était surtout le fer de lance d’une fronde orchestrée contre le secrétaire général, Mays Mouissi.
Dans ce contexte, la grand-messe politique aurait servi de théâtre à une recomposition du sommet de l’appareil. En actant l’annulation, l’arbitrage présidentiel agirait comme un bouclier, confortant de fait la position du secrétaire général actuel tout en gelant les ambitions de ses opposants internes.Si cet arbitrage met fin à la manœuvre immédiate, il ne résout pour autant pas la rivalité qui couve sous la surface. Le parcours du secrétaire général, rendu complexe par des luttes d’influence en coulisses lors de la tournée d’implantation, témoigne d’un climat tendu au sein de l’état-major de l’UDB. En refermant la parenthèse du congrès, la formation se retrouve face à ses propres contradictions : alors que le mot d’ordre officiel est à la conquête du terrain, la question brûlante du leadership reste, elle, en suspens.


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