Le ministère de l’Éducation nationale est secoué par une affaire de malversations financières d’une ampleur inédite. À la suite d’un audit approfondi, les services de la Police judiciaire ont procédé à l’interpellation de vingt agents de la Direction centrale des affaires financières (DCAF). Ces fonctionnaires sont formellement soupçonnés d’avoir orchestré un vaste réseau de surfacturation portant sur des bons de caisse, dont le préjudice global est estimé à plus de 560 millions de francs CFA.L’enquête, qui fait suite au mouvement de grève des enseignants ayant paralysé le secteur éducatif ces derniers mois, met en lumière des dérives systématiques au sein de cette administration stratégique.
Si le service incriminé compte plus de soixante collaborateurs, les investigations ont, à ce stade, permis d’isoler une vingtaine de profils particulièrement impliqués. Confrontés aux faits, certains suspects ont tenté de justifier ces manipulations budgétaires par la nécessité de couvrir des besoins imprévus et non budgétisés de leur tutelle.Cette défense, qui consiste à se présenter comme de simples exécutants d’instructions hiérarchiques, n’a cependant pas convaincu les enquêteurs. Le mode opératoire identifié témoigne d’une volonté claire de détournement des fonds alloués aux vacations, mettant en péril la transparence et la bonne gestion des ressources publiques. La distinction entre une gestion de crise et une entreprise frauduleuse semble ici clairement établie par les éléments recueillis par les services compétents.
Alors que les résultats de cet audit, rendus publics en mars 2026, ne laissent aucune place au doute, l’affaire est désormais entre les mains de la justice. L’instruction suit son cours pour démanteler l’intégralité de ce réseau et identifier les éventuels commanditaires. Les mis en cause seront prochainement déférés au parquet afin de répondre de leurs actes devant les tribunaux, marquant ainsi une étape décisive dans le traitement de ce dossier.


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