Le secteur foncier, sujet ô combien sensible dans le Grand Libreville, est à nouveau au cœur du débat public à Essassa, dans la commune de Ntoum. Face aux interrogations légitimes d’un collectif de riverains, une mise au point s’impose pour dissiper les interprétations erronées. Lancée sous l’impulsion directe du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et portée par le Ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, l’opération de régularisation foncière en cours obéit à des critères de sélectivité rigoureux. Il ne s’agit nullement d’une distribution généralisée de titres, mais d’une mesure de justice sociale ciblée, visant à sécuriser les familles ayant déjà consenti l’effort d’une construction sur les terres de la SNI.
L’esprit de cette réforme repose sur une distinction fondamentale : la priorité est donnée au « cadre bâti ». Que la maison soit achevée ou en cours de finition, seuls les occupants effectifs des sites de Mangouba, Bikélé, Essassa, Nkok, Nomba Domaine et Owendo sont éligibles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 5 100 familles sont concernées, dont 1 500 pour la seule zone d’Essassa. En revanche, le gouvernement reste ferme sur le périmètre d’application : les terrains nus, les simples fondations ou les parcelles dépassant le plafond de 4 999 m² sont formellement exclus de ce dispositif exceptionnel, dont les tarifs sociaux ont été fixés à 600 000 FCFA pour les parcelles allant jusqu’à 2 000 m².Cette politique de la main tendue est toutefois assortie d’un calendrier strict. Débutée le 1er février, l’opération prendra fin le 31 mai 2026. Passé ce délai de grâce de quatre mois, les tarifs habituels de la SNI reprendront leurs droits. Pour les autorités, il s’agit d’encourager la réactivité des citoyens gabonais — seule nationalité éligible — tout en instaurant une discipline foncière exemplaire. L’ouverture prochaine d’une cellule dédiée au siège de la SNI à Likouala, dès le 27 avril, témoigne de la volonté de l’administration de fluidifier les procédures et d’accompagner les requérants dans la phase finale de leur régularisation.Pour autant, l’État n’oublie pas ceux qui aspirent à la propriété sans avoir encore bâti.
Parallèlement à cette régularisation, le gouvernement, via le Vice-Président Hermann Immongault, a lancé la commercialisation de 2 500 parcelles viabilisées au tarif de 5 500 FCFA le mètre carré, offrant un accès direct au titre foncier. Cette stratégie à double détente — régulariser l’existant d’un côté et planifier l’avenir de l’autre — illustre la nouvelle doctrine gabonaise en matière d’habitat : une souveraineté foncière qui conjugue accessibilité financière, légalité républicaine et respect du domaine de l’État.


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