L’esplanade du stade d’Angondjé a vibré, le week-end écoulé au rythme d’une affluence record. Le lancement officiel du « Méga Marché » de la Centrale d’Achat du Gabon a marqué une étape décisive dans la stratégie gouvernementale de lutte contre la cherté de la vie. Sous l’impulsion du Ministre de l’Économie, Thierry Minko, cette initiative ne se contente plus de discourir sur l’inflation ; elle y oppose une réponse concrète par le prix. En proposant des denrées de première nécessité — riz, huile, conserves et produits d’hygiène — avec des baisses allant jusqu’à 5 000 FCFA sur certains sacs, l’État reprend son rôle de régulateur direct au profit des populations.La force de ce dispositif réside dans une réforme structurelle de la chaîne d’approvisionnement. En agissant de l’importation jusqu’à la distribution finale, la Centrale d’achat parvient à briser les circuits spéculatifs qui grèvent traditionnellement le pouvoir d’achat des Gabonais.
Comme l’a souligné le membre du gouvernement, il ne s’agit plus d’une « vue de l’esprit », mais d’une réalité logistique où la puissance publique négocie directement avec des fournisseurs locaux et internationaux. Cette souveraineté économique retrouvée permet de répercuter immédiatement les économies d’échelle sur l’étiquetage, offrant ainsi aux foyers une bouffée d’oxygène attendue depuis de longs mois.Mais au-delà du succès ponctuel d’Angondjé, c’est un maillage territorial ambitieux qui se dessine. L’exécutif a annoncé le déploiement immédiat d’un réseau structuré de distribution à travers le Grand Libreville, citant notamment les quartiers du Charbonnage et de l’IAI. L’objectif est de pérenniser des points de vente labellisés « Centrale d’Achat », garantissant des prix fixes et contrôlés sur l’ensemble du territoire national. Cette extension progressive vers l’intérieur du pays vise à corriger les disparités géographiques et à instaurer une équité sociale devant l’accès aux produits de base, transformant ainsi la Centrale d’achat en une véritable chaîne de distribution citoyenne.Enfin, la réussite de ce projet repose sur un mécanisme de contrôle rigoureux pour prévenir tout dérapage ou contrefaçon du label.
Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accompagner ce déploiement par une surveillance accrue sur le terrain, s’assurant que l’authenticité des prix soit respectée au profit exclusif du consommateur. En érigeant la Centrale d’achat comme le fer de lance de sa politique sociale, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, envoie un signal fort : la refondation du pays passe par la protection de l’assiette du citoyen. Le défi est désormais celui de la constance, pour faire de cette lueur d’espoir un moteur durable de l’économie gabonaise.


Commentaires