
La sécurité des populations riveraines du chemin de fer s’impose désormais comme un enjeu majeur sur le réseau du Transgabonais. Face à une accidentologie encore préoccupante, la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) et les collectivités locales de Libreville, Owendo et Ntoum ont décidé de renforcer leur collaboration. Une convention de partenariat a été signée à cet effet le 24 septembre 2026 à Owendo, en présence notamment du représentant de l’ARTF et des responsables des différentes parties prenantes.Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte exposition des populations aux risques ferroviaires, particulièrement sur les premiers kilomètres de la ligne.
Les accidents graves de personnes sont passés de quatre cas en 2021 à sept en 2022, six en 2023 et dix en 2024. Six cas ont encore été enregistrés en 2025, contre trois en 2026 selon les données disponibles.Les statistiques présentées lors de la rencontre mettent en évidence plusieurs facteurs de risque. Quelque 91 % des accidents surviennent la nuit, tandis que 81 % des victimes sont des hommes. Dans 76 % des cas, les accidents se produisent en pleine voie, en dehors des gares.
Plus préoccupant encore, 65 % des accidents sont concentrés sur les 34 premiers kilomètres de la ligne.Le tronçon Owendo PK0–Essassa PK17 apparaît comme l’une des principales zones de vigilance, avec environ 14 à 15 heurts recensés entre 2021 et 2025, contre environ six sur la section Essassa PK17–Ntoum PK34. En 2025, six heurts de personnes ont notamment été enregistrés sur cette première portion.
Cette situation est également liée à l’urbanisation croissante des abords de la voie ferrée. Entre le PK2 et le PK17, 93 débits de boissons ont été recensés, certains à moins d’un mètre de la voie. Traversées imprudentes, consommation d’alcool ou de drogues et installations non autorisées dans les emprises ferroviaires figurent parmi les facteurs identifiés.
Pour Christian Magni, administrateur directeur général de la Setrag, la sécurité ferroviaire ne peut reposer uniquement sur les dispositifs de l’entreprise. « La sécurité du domaine ferroviaire ne peut pas être pleinement garantie sans l’adhésion et la vigilance directe des populations », a-t-il souligné.La convention doit ainsi permettre de faire des collectivités de véritables relais de proximité auprès des riverains, notamment en matière d’information, de prévention et de signalement des situations dangereuses.
Une démarche qui vient renforcer les campagnes de sensibilisation menées par la Setrag depuis 2018.Même position du côté d’Owendo. Le maire Sandry Nambo estime que la protection des riverains nécessite une mobilisation collective. Pour l’édile, une meilleure coordination entre les acteurs doit permettre de renforcer le dialogue avec les populations et de faire en sorte que les règles de sécurité soient mieux comprises et effectivement respectées.
Au-delà de cette convention, la Setrag prévoit de renforcer son dispositif de prévention à travers plusieurs actions : recours accru aux nouvelles technologies, intensification des campagnes de sensibilisation et comparaison des pratiques avec d’autres réseaux ferroviaires africains et internationaux.L’objectif affiché est de mieux anticiper les situations à risque et d’agir au plus près des populations.
La convention entre donc dans une logique de long terme : faire de la prévention un effort partagé entre l’opérateur ferroviaire, les collectivités et les riverains, particulièrement dans les zones où la proximité entre le rail et les activités quotidiennes augmente l’exposition aux accidents.


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