
Face aux menaces sanitaires émergentes, le Gabon veut renforcer ses capacités nationales de diagnostic et de recherche. Au centre de cette ambition, le laboratoire P4 du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), dont la modernisation doit permettre de mieux soutenir la surveillance et la réponse aux épidémies.
Réuni le lundi 14 septembre à Libreville avec les parties prenantes, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reconnu les difficultés structurelles qui affectent le fonctionnement de cette infrastructure scientifique stratégique. La vétusté du laboratoire compromet notamment sa capacité à assurer ses activités dans les conditions de sécurité et de performance requises. Pour la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivogou, la réponse passe par une remise à niveau, une sécurisation et une extension du P4.
L’objectif est d’accroître ses capacités de diagnostic biologique et de l’adapter à l’évolution des technologies.
L’ambition dépasse toutefois les murs du laboratoire. Le gouvernement souhaite renforcer les liens entre le CIRMF, le Laboratoire national de santé publique et le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), afin de mieux articuler recherche, diagnostic, surveillance et riposte sanitaire. Cette orientation prend une importance particulière dans un contexte régional marqué par les menaces infectieuses émergentes, notamment la maladie à virus Ebola citée par la ministre.
La relance du P4 s’inscrit dans celle du CIRMF, dont le Conseil scientifique s’est réuni la semaine dernière après treize années d’interruption. Pour assurer la pérennité du dispositif, les autorités misent également sur la formation, les partenariats scientifiques et le transfert de compétences. Reste à définir les modalités de gouvernance, de financement et de coopération nécessaires pour transformer cette ambition en capacités opérationnelles durables.


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