La Société d’incubation numérique du Gabon (SING SA) s’engage sur la voie d’une réorganisation en profondeur suite au limogeage de son directeur général, Yannick Ebibie Nze. Révélée par les médias nationaux au terme d’investigations poussées, cette éviction intervient après qu’un audit approfondi mené par le cabinet Deloitte a mis en lumière de graves dysfonctionnements. Entre impayés de loyers accumulés et tensions récurrentes sur le paiement des salaires, la structure paye le prix fort d’une gestion jugée opaque et défaillante par les actionnaires.Loin d’être condamnée à une disparition définitive, la structure emblématique de l’écosystème tech national amorce plutôt une phase de transition stratégique sous haute surveillance.
Le départ de la direction générale a conduit les instances dirigeantes à confier les rênes de l’intérim à Cyrille Ndong, directeur général adjoint de la Société du patrimoine et des infrastructures numériques (SPIN). Cette dernière détient d’ailleurs trente pour cent du capital pour le compte de l’État, s’imposant ainsi comme le pivot incontournable de cette phase de sauvetage.Les difficultés financières de la structure éclairent sous un jour nouveau son récent déménagement discret hors de ses bureaux historiques du centre-ville de Libreville, effectué sans la moindre communication d’une nouvelle adresse. Pour les actionnaires et les pouvoirs publics, l’heure est désormais à la clarification des responsabilités au regard des ressources colossales injectées dans l’entité par le passé. Le rapport d’audit constitue le point de départ incontournable d’une remise à plat globale de la gouvernance interne.Plusieurs options institutionnelles sont actuellement sur la table pour redéfinir l’avenir opérationnel de la structure d’accompagnement. Parmi les pistes les plus crédibles figurent la reprise totale par l’État, la mutation en entité parapublique, ou encore un placement sous la tutelle directe de la SPIN. L’éventualité d’une fusion stratégique avec le Centre gabonais de l’innovation (CGI) est également étudiée de près par le ministère de l’Économie numérique pour rationaliser les dépenses publiques.Cette cure d’amaigrissement et de vérité intervient après des années de fastes portées notamment par les financements du projet eGabon de la Banque mondiale entre 2018 et 2021.
La structure affichait pourtant un compteur flatteur avec plus de trois cents startups couvée et près de 550 millions de francs CFA mobilisés pour les entrepreneurs locaux. Néanmoins, l’écart abyssal entre ces chiffres proclamés et la banqueroute financière actuelle a fini par consommer la rupture avec le management.Le ministère de l’Économie numérique tranchera prochainement sur le véhicule institutionnel idoine pour pérenniser la mission originelle d’incubation sans retomber dans les travers du passé. Le cas de la SING SA illustre avec acuité la nécessité d’un contrôle rigoureux de la gestion des structures parapubliques censées porter l’innovation technologique du pays. Les mois à venir diront si la tech gabonaise saura tirer les leçons de ce naufrage managérial pour renaître sur des bases saines.


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