La mise en œuvre effective de la décentralisation demeure confrontée à un déficit chronique de moyens financiers à travers l’ensemble du territoire gabonais. Pour remédier à cette impasse, un comité interministériel s’est réuni le jeudi 23 juillet sous la haute présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, prenant l’engagement formel de débloquer des ressources dédiées dès l’exercice budgétaire 2027 afin de consacrer enfin l’autonomie financière des collectivités locales.
Le diagnostic sans concession dressé par l’exécutif met en exergue des dysfonctionnements structurels profonds. Il apparaît notamment que la dotation budgétaire légale, initialement fixée entre 5 % et 10 % des recettes de l’État, ne fait l’objet que de versements parcellaires. De surcroît, le transfert effectif des compétences aux régions se réalise de manière inaboutie, en l’absence des ressources financières indispensables, tandis que le Fonds national de péréquation, conçu pour soutenir les territoires les plus fragiles, demeure inopérant.Afin de briser ces carcans administratifs et financiers, l’exécutif projette d’inscrire des lignes de financement pérennes dans le budget 2027, lesquelles seront directement adossées aux revenus générés par des secteurs clés de l’économie nationale tels que le pétrole, les mines et le bois.
Parallèlement, les départements ministériels concernés se voient assigner la mission d’évaluer avec précision le coût réel des compétences transférées pour garantir aux municipalités une véritable marge de manœuvre opérationnelle.Cette feuille de route ambitieuse pose désormais un jalon crucial pour le gouvernement, qui est attendu au tournant de la prochaine loi de finances. L’enjeu est de transformer des ambitions politiques de longue date en actes tangibles, prouvant ainsi que la décentralisation s’impose désormais comme un levier incontournable au service du développement local et de la bonne gouvernance.


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