Le conflit qui couve depuis plus d’une décennie dans la zone « derrière Berthe et Jean » à Essassa vient de franchir un nouveau palier de mobilisation. Le samedi dernier, le collectif des propriétaires terriens de cette localité du département de Ntoum s’est réuni en assemblée générale pour dresser le constat amer d’un blocage persistant avec la Société Nationale Immobilière (SNI). Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse administrative insurmontable, ces 400 chefs de famille ont choisi de rompre le silence, transformant une querelle de voisinage institutionnel en une véritable question de justice sociale au cœur de la province de l’Estuaire.
L’épuisement des voies de recours traditionnelles a conduit le collectif à se tourner vers l’arbitrage suprême : celui du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. En appelant à l’intervention directe du Chef de l’État, ces populations expriment une perte de confiance manifeste envers les rouages administratifs qui, en dix ans, n’ont su apporter ni clarté ni apaisement. Pour ces propriétaires, le recours au sommet de l’État est l’ultime rempart pour sécuriser des titres fonciers jusque-là suspendus aux incertitudes juridiques, illustrant une fois de plus la place centrale de la présidence dans la résolution des fractures sociales profondes.Au cœur des revendications, le sentiment d’une « injustice interminable » domine les débats. Les membres du collectif dénoncent un climat d’insécurité permanente, où le spectre du déguerpissement plane sur des investissements de toute une vie. Cette situation, marquée par un flou artistique sur les limites et les droits de chacun, fragilise non seulement les familles, mais aussi la cohésion sociale dans cette zone en pleine expansion urbaine.
Pour ces citoyens, la reconnaissance de leurs droits n’est pas une faveur, mais un impératif de dignité que les atermoiements de la SNI ne sauraient plus occulter.En définitive, l’affaire d’Essassa pose le défi crucial de la réforme foncière et de la protection du patrimoine des Gabonais face aux ambitions des grands opérateurs publics. L’appel à une clarification urgente lancé ce samedi est un message fort adressé aux autorités : la paix sociale passe nécessairement par la sécurisation de la propriété privée. Dans l’attente d’un geste fort du palais Rénovation, ces 400 propriétaires restent mobilisés, espérant que la voix du terrain finira par l’emporter sur la rigidité des dossiers administratifs, pour que le droit de cité ne soit plus une source d’angoisse mais une garantie d’avenir.


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