
Le système de subvention des carburants au Gabon fait face à une remise en question de son efficacité sociale. Dans sa Revue des finances publiques du Gabon 2026, publiée le 29 septembre, la Banque mondiale estime que le dispositif bénéficie davantage aux ménages les plus aisés qu’aux populations vulnérables. Selon l’institution, environ 96 % du coût des subventions accordées à l’essence et au gasoil profitent à la moitié la plus riche de la population.
Une situation qui interroge l’efficacité d’un mécanisme pourtant destiné, notamment, à limiter l’impact du coût de la vie sur les ménages. Le poids de ces aides pèse également sur les finances publiques. En 2024, elles représentaient près de 1 % du PIB, soit un niveau comparable aux dépenses nationales consacrées à la santé et supérieur à un tiers du budget de l’éducation, évalué à 2,9 % du PIB.
Pour la Banque mondiale, l’enjeu n’est toutefois pas de supprimer brutalement les subventions, mais d’engager une transition progressive. L’institution recommande notamment de renforcer le registre social afin de mieux identifier les ménages nécessitant un soutien.
Les économies réalisées pourraient ainsi être redirigées vers des transferts monétaires ciblés, les soins de santé primaire et l’éducation. Une attention particulière devrait également être accordée au secteur des transports, notamment aux taxis, dont dépendent de nombreux usagers.
Pour 2026, la loi de finances initiale prévoyait de limiter les subventions à 12 milliards de FCFA. Ce montant a ensuite été porté à 55 milliards dans la loi de finances révisée, soit environ 0,4 % du PIB. La Banque mondiale plaide donc pour une réforme graduelle combinant discipline budgétaire, ciblage social et mesures de protection des ménages vulnérables.


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