
L’État français s’apprête à devenir le premier actionnaire d’Eramet, un groupe minier stratégique dont les activités en Afrique, notamment au Gabon et au Sénégal, occupent une place importante dans son portefeuille industriel. Cette opération intervient alors que l’entreprise cherche à consolider ses finances après plusieurs exercices difficiles.
Annoncée le 12 octobre 2026, l’opération repose sur une augmentation de capital de 500 millions d’euros prévue avant la fin de l’année.
Déjà détenteur de 27,1 % du capital, l’État français participera à cette recapitalisation et rachètera une partie des droits de souscription de la famille Duval, jusqu’ici son principal actionnaire. Sa participation pourrait atteindre 49 %, selon les informations publiées par Le Monde et le ministère français de l’Économie. .
Cette intervention vise à renforcer les fonds propres d’Eramet, fragilisé par une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 et un endettement élevé. Paris entend également sécuriser ses approvisionnements en minerais stratégiques, indispensables à plusieurs industries européennes.
Au Gabon, Eramet exploite le manganèse à travers sa filiale Comilog. Le groupe doit notamment répondre aux attentes des autorités, qui souhaitent accélérer la transformation locale du minerai avant l’interdiction annoncée des exportations de manganèse brut en 2029.
Un accord signé en juillet 2026 prévoit l’étude de nouveaux projets industriels.
Au Sénégal, le groupe est présent dans l’exploitation des sables minéralisés, notamment à travers Grande Côte Opérations. La reprise partielle de cette activité après un incendie survenu en février constitue également un enjeu pour ses performances.
Reste désormais à savoir si ce renforcement financier permettra à Eramet de concilier redressement économique, investissements industriels et attentes des pays africains producteurs.


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