
À Libreville, la multiplication des personnes en situation d’errance remet la question de la santé mentale au cœur du débat public. Face à la saturation de l’hôpital psychiatrique de Melen, le gouvernement prépare un plan d’urgence pour renforcer la prise en charge des patients et leur réinsertion.
Le phénomène gagne en visibilité dans le Grand Libreville. Des personnes vivant avec des troubles mentaux se retrouvent dans les rues, parfois sans accompagnement médical ni soutien familial. Une situation qui inquiète désormais les autorités et qui met sous pression l’unique établissement de référence, l’hôpital psychiatrique de Melen. Réuni le 14 septembre à Libreville sous la conduite du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif a examiné les difficultés du secteur et les mesures à mettre en œuvre. Parmi les priorités : accroître les capacités d’accueil de Melen, renforcer les effectifs et mobiliser davantage de moyens financiers et logistiques.
Pour la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, l’objectif ne doit toutefois pas être de maintenir durablement les patients à l’hôpital. La prise en charge doit permettre, lorsque cela est possible, leur retour dans leur famille et leur réinsertion sociale, voire professionnelle.
Le gouvernement entend ainsi élaborer un plan d’urgence dédié à la santé mentale, avec une attention particulière portée aux personnes en situation d’errance. Au-delà de l’urgence, l’exécutif veut miser sur une approche plus globale : prévention, accès aux soins spécialisés, accompagnement des familles, lutte contre la stigmatisation et réinsertion.
Pour les autorités, la santé mentale n’est donc plus une question marginale. Elle devient un véritable enjeu de santé publique et de cohésion sociale.


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