
L’affaire des « biens mal acquis » prend une nouvelle dimension. Alors que la justice française poursuit son cours, certains récits présentent désormais la démarche de l’État gabonais comme une offensive directe contre la famille du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Une lecture qui pourrait alimenter les tensions entre Libreville et Brazzaville.
Pourtant, à en croire les explications de Me Vivien Patrice Makaga-Péa, avocat de l’État gabonais, la réalité judiciaire serait bien différente. Le Gabon a transmis au juge d’instruction, le 8 septembre, un mémoire répondant au réquisitoire définitif du Parquet national financier français. Libreville y soutient le réquisitoire « dans son ensemble », sans ajouter ni retirer de noms.
Une précision importante alors que les noms d’Antoinette Sassou-Nguesso, épouse du président congolais, ainsi que ceux d’Omar-Denis Junior Bongo et de Yacine Queenie Bongo, apparaissent parmi les personnes concernées par les demandes du parquet.
Mais qui a intérêt à transformer une procédure judiciaire en crise diplomatique ?
C’est toute la question. Présenter la position du Gabon comme une volonté de s’attaquer personnellement à la famille Sassou-Nguesso peut donner l’impression d’un affrontement entre deux États voisins, alors que Libreville affirme défendre avant tout ses intérêts patrimoniaux.
Depuis sa reconnaissance comme partie civile en 2023, l’État gabonais cherche principalement à faire reconnaître le préjudice qu’il estime avoir subi et à obtenir la restitution des biens éventuellement confisqués.
Dans ce contexte, l’instrumentalisation politique de l’affaire pourrait surtout contribuer à fragiliser les relations historiques entre le Gabon et le Congo.
À qui profite donc cette lecture conflictuelle ? Aux victimes présumées, aux intérêts gabonais ou à ceux qui chercheraient à dresser Libreville contre Brazzaville ?
L’enjeu sera donc de préserver la distinction entre une procédure judiciaire et un différend diplomatique, afin que cette affaire ne devienne pas une source supplémentaire de tensions entre le Gabon et le Congo.


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