À Kougouleu, dans le sud du Gabon, l’eau qui coule des robinets et des sources ne garantit plus la vie qu’elle devrait préserver. Dans ce village confronté à l’exploitation intensive des carrières de sable et de matériaux, les habitants voient leur environnement se dégrader, leurs cours d’eau s’assécher et leur quotidien se transformer en une lutte pour accéder à une eau propre.
Derrière les engins et les activités des opérateurs économiques, c’est tout un équilibre écologique et social qui semble se fissurer. L’eau autrefois utilisée pour les besoins domestiques se trouble, tandis que les riverains redoutent les conséquences sanitaires de cette dégradation.
Pour ces communautés, la question n’est plus seulement celle de la protection de la nature, mais celle de leur capacité à vivre dignement sur leurs propres terres.
Emmenés par la cheffe de village, Veuve Clémentine Minkue, et le responsable de coopérative, Georges Onguengue, les habitants interpellent les pouvoirs publics. Ils demandent notamment un moratoire sur les activités de carrières, ainsi qu’un encadrement plus rigoureux des exploitations afin de préserver les ressources naturelles indispensables à leur survie.
Cette situation soulève une interrogation majeure : comment concilier les ambitions économiques du Gabon avec les exigences de sa politique environnementale lorsque des populations rurales se retrouvent privées d’un accès satisfaisant à l’eau potable ?
Alors que le pays défend sur la scène internationale son engagement en faveur du climat et de la préservation de ses forêts, Kougoulou rappelle que la transition écologique ne peut se mesurer uniquement à l’aune des engagements internationaux. Elle doit aussi se vérifier dans les villages, là où la protection de l’environnement conditionne directement la santé et l’avenir des populations.


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