
Derrière les comptes bancaires, les sociétés-écrans et les transactions opaques se cache parfois une criminalité qui cherche à dissimuler ses profits. Au Gabon, la justice entend désormais remonter ces circuits financiers pour identifier les véritables bénéficiaires et priver les délinquants de leurs gains.
C’est tout l’enjeu de la formation ouverte le 9 septembre à l’École nationale de la magistrature (ENM) de Libreville. Durant trois jours, une quarantaine de magistrats et d’élèves magistrats se penchent sur les mécanismes du blanchiment des capitaux et les méthodes permettant de détecter les flux d’origine criminelle.
L’objectif dépasse la simple qualification des infractions. Il s’agit d’apprendre à suivre la trace de l’argent, à repérer les mouvements suspects et à analyser les patrimoines pour mettre au jour les montages financiers frauduleux. Les participants sont également formés à l’exploitation du renseignement financier, ainsi qu’aux procédures de saisie et de confiscation des avoirs issus d’activités criminelles.
À l’ouverture des travaux, le ministre de la Justice, Augustin Emane, a appelé à une évolution des pratiques judiciaires. Pour le Garde des Sceaux, la lutte contre la criminalité financière doit désormais privilégier l’anticipation, l’analyse des flux et la recherche des bénéficiaires effectifs, plutôt que de se limiter à intervenir après la commission des infractions.
Cette session, soutenue par le PNUD et la République d’Italie, traduit la volonté de renforcer durablement les compétences de la magistrature. Elle


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