
Face à un accident, un incendie ou une personne en détresse, le premier réflexe devrait être de porter secours ou d’alerter les services compétents. Pourtant, sur le terrain, une autre scène devient de plus en plus fréquente : des témoins sortent leur téléphone pour filmer, parfois au plus près du drame, plutôt que d’intervenir.
Au-delà de la question morale, l’inaction face à une personne en danger peut également avoir des conséquences judiciaires. Au Gabon, la non-assistance à personne en danger est encadrée par le Code pénal et peut exposer son auteur à des poursuites. Selon les dispositions évoquées par plusieurs sources gabonaises, la peine peut aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et un million de francs CFA d’amende.
Mais attention : filmer une scène dramatique n’est pas, à lui seul, automatiquement synonyme de condamnation. La question centrale est de savoir si la personne était en mesure d’apporter une assistance sans se mettre elle-même ou mettre autrui en danger, et si elle s’est volontairement abstenue d’agir.
Le téléphone peut pourtant servir autrement : appeler les secours, signaler précisément le lieu du drame ou documenter les faits pour faciliter une enquête. Dans certaines situations, quelques secondes consacrées à alerter ou secourir peuvent faire la différence entre la vie et la mort.
À l’heure où les images circulent instantanément sur les réseaux sociaux, le débat est donc posé : faut-il filmer un drame ou tenter d’abord de sauver une vie ? Au-delà du buzz, la responsabilité citoyenne reste en jeu.


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