
La gestion de certains dispositifs de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) suscite de sérieuses interrogations. Dans ses rapports d’audit consacrés à plusieurs administrations publiques, la Cour des comptes met en lumière des failles importantes dans le Fonds des Gabonais économiquement faibles (GEF) et le mécanisme des évacuations sanitaires à l’étranger.
Premier point d’alerte : le fichier des bénéficiaires du Fonds des GEF. Sur près d’un million de personnes recensées, l’institution de contrôle estime qu’environ 120 000 seraient indûment enregistrées. Une situation qui, selon le premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, nécessite un assainissement du fichier afin de réduire les dépenses injustifiées et de mieux orienter les ressources vers les personnes réellement éligibles.
La question du financement du fonds préoccupe également la Cour. Les ressources provenant notamment des prélèvements sur la téléphonie mobile et les transferts de fonds transitent par le Trésor public avant leur reversement à la CNAMGS. L’institution appelle ainsi à revoir les mécanismes de financement pour garantir une utilisation plus efficace des ressources.
Autre dossier sensible : les évacuations sanitaires. La Cour des comptes dénonce une traçabilité insuffisante des dépenses engagées auprès des établissements étrangers. Certaines factures ne permettraient pas de vérifier avec suffisamment de précision si les montants réclamés correspondent aux soins effectivement dispensés.
Cette faiblesse du contrôle aurait contribué à l’accumulation de milliards de francs CFA d’impayés, qualifiés de « trou noir » par la Cour.
Pour y remédier, l’institution recommande notamment de permettre à la CNAMGS de négocier et contractualiser directement avec les hôpitaux étrangers, afin de renforcer le contrôle des dépenses et la transparence du dispositif.


Commentaires