Le carrefour Charbonnages, l’un des poumons économiques et commerciaux les plus fréquentés du nord de Libreville, offre chaque jour le triste spectacle d’une urbanité bafouée. Les trottoirs, les terre-pleins centraux et les abords immédiats de la voie publique ont été méthodiquement colonisés par une marée de commerçants informels de plus en plus envahissants. Étalages improvisés, parasols anarchiques et structures de fortune grignotent chaque semaine un peu plus l’espace bitumé, transformant ce carrefour stratégique en un véritable parcours du combattant pour les automobilistes comme pour les piétons.Face à cette occupation illégale et quotidienne de la voie publique, l’impuissance affichée de la Mairie de Libreville interroge et scandalise les observateurs.
Les opérations de déguerpissements sporadiques, souvent menées à grand renfort de publicité, ne relèvent plus que de l’effet d’annonce sans lendemain, tant les marchands reviennent s’installer sur les lieux sitôt les agents municipaux partis. Cette tolérance coupable ou ce manque de fermeté institutionnelle installe insidieusement une véritable « dictature de la rue », où la loi du plus audacieux supplante allègrement les règlements municipaux en vigueur.Cette anarchie commerciale engendre des conséquences dramatiques sur la fluidité de la circulation routière et la sécurité des personnes. Les clients stationnent en double ou triple file pour s’approvisionner auprès de ces vendeurs à la sauvette, provoquant des embouteillages monstres aux heures de pointe et exposant les piétons, contraints de marcher sur la chaussée, à des accidents permanents.
De surcroît, les tonnages de déchets laissés sur place chaque soir par ces marchands transforment les abords de la route en dépotoirs à ciel ouvert, ruinant tous les efforts d’assainissement de la ville.Il devient donc urgent que l’Hôtel de Ville de Libreville sorte de sa léthargie et passe de la simple observation à des mesures coercitives pérennes et rigoureuses. Le désordre urbain qui asphyxie Charbonnages ne peut plus prospérer au mépris de l’intérêt général et du développement harmonieux de la capitale. Restaurer l’ordre public, libérer l’espace public et réprimer implacablement les contrevenants sont les seuls gages d’une administration municipale forte et respectée.


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