La question de la maîtrise des outils de gestion administrative et de la standardisation des processus au sein des ministères gabonais demeure un enjeu capital pour l’efficacité de l’État. Alors que la modernisation de l’administration publique est érigée en priorité pour asseoir une gouvernance transparente et performante, la réalité de l’élaboration et de l’utilisation effective des manuels de procédures à travers les différents départements ministériels suscite de légitimes interrogations.Dans l’idéal technocratique, chaque administration centrale devrait disposer d’un manuel de procédures formalisé, décrivant avec précision les circuits de traitement des dossiers, les rôles des différents intervenants ainsi que les délais d’exécution.
Cet outil garantit non seulement la continuité du service public en s’affranchissant des subjectivités individuelles, mais il constitue également un rempart redoutable contre l’opacité et les tracasseries administratives qui pèsent sur les usagers.Cependant, sur le terrain, force est de constater que la réalité est contrastée. Si certains départements ministériels dits régaliens ou engagés dans des programmes de réformes sectorielles strictes – souvent soutenus par des partenaires techniques et financiers – se sont dotés de référentiels procéduraux formalisés, beaucoup d’autres peinent encore à systématiser ces outils. L’absence ou l’obsolescence de manuels de procédures dans plusieurs services favorise trop souvent l’empirisme, l’opacité dans la gestion des dossiers et la lenteur administrative.
Pour relever le défi d’une administration moderne, performante et axée sur la redevabilité, l’État gabonais doit impérativement accélérer la généralisation et l’actualisation de ces manuels de référence dans l’ensemble des ministères. Condition sine qua non d’une bonne gouvernance, l’appropriation de ces normes de travail par les agents publics permettra d’optimiser l’efficacité de la puissance publique au service des citoyens.


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