La suspension ciblée de certains réseaux sociaux, effective depuis le 17 février dernier, continue de susciter des débats. Dans un entretien accordé récemment à l’Union, le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, a tenu à lever toute ambiguïté sur cette mesure conservatoire. Il précise d’emblée qu’il ne s’agit nullement d’une coupure totale d’Internet, mais d’une régulation nécessaire face à une « bordélisation » du cyberespace gabonais. Selon le président de l’institution, la prolifération inquiétante de contenus illicites et toxiques menaçait directement la cohésion sociale, imposant une intervention d’urgence.Conscient de la controverse générée, Germain Ngoyo Moussavou souligne que cette décision a agi comme un accélérateur pour le cadre juridique national. L’institution a, en effet, pressé le Gouvernement d’initier des textes permettant un encadrement rigoureux des flux informationnels numériques.
« Ces textes juridiques sont en voie de finalisation au niveau du Parlement », assure-t-il, faisant référence aux trois ordonnances actuellement examinées par les deux Chambres du Parlement.Aujourd’hui, le collège des conseillers de la HAC mène une réflexion active sur l’évolution de cette mesure. La levée de la suspension des réseaux sociaux est désormais intrinsèquement liée à l’entrée en vigueur de ce nouveau dispositif légal. Si la date précise reste à définir, le président de la HAC se veut rassurant : l’objectif demeure le rétablissement d’un accès complet dès lors que les conditions de sécurité et de conformité seront garanties. Une normalisation qui, selon l’institution, « ne saurait tarder ».
En s’exprimant ainsi sur le contentieux opposant la HAC au parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG), Germain Ngoyo Moussavou réaffirme la volonté de l’autorité de régulation de concilier liberté d’expression et protection de l’ordre public dans un espace numérique désormais sous surveillance législative accrue.


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