Le Gabon se donne les moyens de réguler l’ère digitale. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a défendu ce matin, devant la Commission de la Communication et des Technologies numériques de l’Assemblée nationale, deux ordonnances stratégiques. Ces textes visent à refondre le Code de la communication de 2016 et à encadrer strictement l’usage des réseaux sociaux. Une initiative que l’exécutif justifie par la nécessité impérieuse d’adapter le cadre juridique national à la célérité des mutations technologiques.Devant la Représentation nationale, le membre du Gouvernement a récusé toute velléité liberticide. Pour le ministre, l’enjeu est de protéger le citoyen dans un espace numérique devenu le théâtre de dérives aux conséquences parfois lourdes pour la stabilité sociale.
« L’objectif n’est pas de restreindre les libertés, mais de protéger les citoyens et de garantir un espace numérique plus responsable », a-t-il souligné, précisant que la loi doit désormais faire face à des défis inédits : cyberharcèlement, désinformation massive, protection des mineurs et encadrement des contenus générés par l’intelligence artificielle.Les débats entre les élus et le ministre ont mis en lumière une volonté commune de sécuriser la sphère digitale sans pour autant étouffer l’expression citoyenne. Parmi les pistes de régulation évoquées figurent notamment l’instauration d’une majorité numérique fixée à seize ans, le renforcement du contrôle parental et, surtout, une lutte frontale contre les « deepfakes ». Ces hypertrucages, capables de manipuler l’opinion et de porter atteinte à la crédibilité de l’information, sont désormais ciblés comme des menaces directes pour la cohésion nationale.
En portant cette réforme, le Gouvernement affiche une ambition claire : moderniser l’État en phase avec les pratiques numériques contemporaines. À l’heure où les technologies redéfinissent les interactions sociales, le Gabon s’efforce ainsi de bâtir un environnement numérique où la liberté d’expression ne se dissocie plus de la responsabilité individuelle et collective. La balle est désormais dans le camp des parlementaires, appelés à valider cette architecture législative destinée à sanctuariser l’espace public virtuel.


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