Le cap des 100 jours est traditionnellement le temps des premiers bilans, celui où la promesse politique se confronte à la réalité des chiffres et du quotidien. Au ministère de l’Eau et de l’Énergie, cet examen de passage prend une tournure particulière. Alors que les autorités mettent en avant leurs feuilles de route, des milliers de Gabonais, de Libreville jusqu’aux zones rurales, continuent de vivre dans le noir ou sans accès à l’eau potable. Ce décalage persistant entre les discours de salon et la pénurie subie par les citoyens soulève une question fondamentale : quelle est la réelle efficacité de l’action publique lorsque les besoins vitaux ne sont pas satisfaits ?Le bilan de ces cent premiers jours ne peut se résumer à une succession de réunions ou d’annonces de projets futurs.
Il doit s’évaluer à l’aune de la continuité du service public. Si la complexité des infrastructures héritées est une réalité indéniable, elle ne saurait servir de bouclier éternel à l’inaction ou à la lenteur administrative. Pour les populations d’Essassa, de Mouyamba ou d’ailleurs, l’exigence est simple : un robinet qui coule et une lumière qui s’allume ne sont pas des privilèges, mais des droits fondamentaux. La capacité du ministre à impulser des solutions pragmatiques et immédiates est le seul indicateur de performance qui compte réellement aux yeux de l’usager.La question de la gouvernance du secteur est donc posée avec une acuité nouvelle. Un bilan, pour être probant, doit démontrer une rupture avec les méthodes du passé. La multiplication des coupures, loin de témoigner d’une fatalité technique, révèle souvent des failles dans la maintenance, une absence de vision prospective et une communication défaillante envers des populations qui, faute d’explications, se sentent délaissées. La transparence sur les causes des délestages et sur les calendriers de rétablissement est la première marque de respect due à ceux qui portent le poids des dysfonctionnements du réseau.
Ce cap des 100 jours doit marquer la fin de la période d’observation. Si le ministère de l’Eau et de l’Énergie veut convaincre de sa pertinence, il doit passer de la phase de diagnostic à celle du résultat tangible. Les Gabonais attendent des actes : une stratégie de densification du réseau, une politique de maintenance préventive rigoureuse et, surtout, un engagement ferme à réduire la fracture énergétique qui sépare les centres urbains des zones oubliées. La confiance ne se décrète pas par des rapports ; elle se gagne au quotidien, par la qualité du service rendu à chaque foyer gabonais.


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