Le village d’Ayémé Maritime est aujourd’hui le théâtre d’une situation préoccupante qui interpelle directement les autorités de tutelle, au premier chef le Ministère de la Pêche. Selon des témoignages concordants, cette localité serait devenue un véritable sanctuaire pour des opérateurs expatriés en situation irrégulière. Ces derniers, contournant les circuits officiels de livraison tels que le Centre d’Appui à la Pêche Artisanale de Libreville (CAPAL), auraient établi une base arrière dans ce bras de mer, transformant une zone de refuge en un point de débarquement clandestin. Ce phénomène de délocalisation de l’activité halieutique échappe non seulement au contrôle fiscal de l’État, mais menace également l’ordre public local.
L’enjeu environnemental est tout aussi critique, car ce bras de mer constitue une zone de reproduction vitale pour la ressource halieutique. En y pratiquant une pêche intensive et non réglementée, ces acteurs mettent en péril le renouvellement des espèces et, par extension, la sécurité alimentaire des générations futures. Cette exploitation sauvage, souvent réalisée avec la complicité de certains nationaux, bafoue les lois en vigueur sur la protection des zones de frai. Le Gabon, qui prône une gestion durable de ses « richesses naturelles » et une « souveraineté économique » accrue, se trouve ici confronté à un défi majeur de police environnementale au cœur de ses eaux intérieures.Au-delà de la prédation écologique, l’insécurité physique des pêcheurs gabonais suscite une vive émotion. Des menaces de mort seraient proférées par ces opérateurs irréguliers à l’encontre des nationaux tentant de protéger leur espace de travail traditionnel. Cette situation d’impunité apparente interroge sur l’efficacité et la fréquence des patrouilles terrestres et territoriales dans cette zone spécifique.
Pour les populations locales, le sentiment d’abandon grandit face à des expatriés qui semblent s’approprier par la force un domaine public maritime pourtant protégé par les textes de la République.Face à cette urgence, une réaction vigoureuse des autorités est attendue pour restaurer l’autorité de l’État à Ayémé Maritime. Il est impératif que les patrouilles de surveillance soient intensifiées pour démanteler ces réseaux clandestins et garantir que chaque tonne de poisson débarquée contribue à la « richesse nationale » et au « pouvoir d’achat » des ménages gabonais. La protection de nos bras de mer ne doit plus être une simple intention législative, mais une réalité opérationnelle sur le terrain, afin de garantir aux pêcheurs artisanaux un environnement sécurisé et une ressource durablement préservée.


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